Procès en France

22 avril 2017 12:31; Act: 22.04.2017 12:31 Print

Trois jeunes condamnés pour des actes de torture

Trois hommes ont été condamnés vendredi à des peines allant de 10 à 13 ans de prison pour avoir racketté, humilié et infligé des sévices à deux victimes en 2014 à Meaux.

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L'avocat général avait requis 20 ans contre deux des trois accusés, considérés comme les meneurs, et 15 contre le troisième, pour séquestration, torture ou acte de barbarie et tentative de viol. La cour d'assises de Melun a décidé de peines plus clémentes pour ces trois jeunes aux casiers judiciaires chargés, âgés de 21 et 22 ans, alcoolisés et sous l'emprise de cannabis au moment des faits.

«C'est une peine juste, qui tient compte de la gravité objective des faits mais aussi du jeune âge des accusés, et leur laisse un peu de perspectives», a réagi l'avocat de l'un des accusés. Pour l'une des victimes, «marquée pour le restant de ses jours», le verdict est «difficile à comprendre», selon son avocate, Natacha Halebian. «Il a le sentiment que ses tortionnaires vont exécuter leur peine et pouvoir continuer leur vie alors que lui est dans une prison depuis deux ans et demi et ne voit aucune perspective d'avenir. Lui qui était sociable, joyeux, vit désormais quasiment cloîtré et se sent en insécurité permanente», a-t-elle expliqué.

Une équipée «à la Orange mécanique»

Le 10 septembre 2014, aux alentours de 22h30, ce jeune homme alors âgé de 22 ans avait été hélé dans la rue par les trois accusés. Ils avaient commencé par lui faire les poches avant de l'amener dans une épicerie pour se faire acheter de l'alcool. Leur victime avait ensuite été conduite sur un parking, déshabillée, rouée de coups, humiliée. Avant d'être contrainte à s'allonger au milieu de la nationale.

L'équipée «à la Orange mécanique», selon les termes de l'avocate de la victime, ne s'était pas arrêtée là. Un deuxième jeune homme, âgé de 17 ans, avait été embarqué à son tour. Sous un pont, les agresseurs avaient obligé leur première victime à humilier l'adolescent. Avant de le frapper et de tenter de le violer. Le calvaire avait pris fin vers 00h45, quand les séquestrés étaient parvenus à s'enfermer dans l'appartement de l'un d'entre eux, où ils avaient été conduits en vue d'un cambriolage.

(L'essentiel/AFP)