En France

06 avril 2016 14:40; Act: 06.04.2016 15:27 Print

L'évêque hésite à qualifier la pédophilie de péché

Pour l'évêque français Stanislas Lalanne, la pédophilie est «un mal» mais il ne «saurait pas dire» si c'est un péché, des propos qui ont choqué les victimes d'un prêtre pédophile.

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Stanislas Lalanne à Paris, le 21 juillet 2014.

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«La pédophilie est un mal. Est-ce que c'est de l'ordre du péché? Ça, je ne saurai pas dire, c'est différent pour chaque personne. Mais c'est un mal et la première chose à faire c'est de protéger les victimes ou les éventuelles victimes», a déclaré mardi l'évêque de Pontoise (nord-ouest de Paris) sur RCF, réseau de 63 radios chrétiennes francophones.

Mgr Lalanne intervenait dans le cadre d'une émission consacrée à «L'Église de France face à la pédophilie» alors que l'un des prélats français les plus en vue, le cardinal et archevêque de Lyon Philippe Barbarin, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour non dénonciation d'agressions sexuelles par un prêtre de son diocèse.

«Ça peut être différent suivant chacun»

Un peu plus tard, devant les réactions de certains auditeurs, l'évêque a précisé: «C'est un mal profond. Les choses sont très, très claires. Est-ce que c'est péché ou pas? Je ne sais pas et ça peut être différent suivant chacun. Donc on ne peut pas généraliser».

«La difficulté, c'est quelle conscience la personne a de ce mal ? Comment elle s'en sent responsable ? (...) Quand on commet un péché, on a conscience qu'on blesse la relation à l'autre et qu'en blessant la relation à l'autre, on blesse la relation avec Dieu», a expliqué l'évêque de Pontoise.

«Maladresses et amateurisme»

Dans un communiqué publié le lendemain, les membres de l'association La Parole Libérée, qui a révélé les agressions contre des mineurs commises par un prêtre à Lyon, ont dénoncé une «communication de l'Église de France empreinte de maladresses et d'amateurisme» et des propos qui résonnent «de manière violente et dégradante pour les victimes d'actes de pédophilie».

Les révélations de La Parole Libérée ont conduit à l'inculpation fin janvier d'un prêtre, Bernard Preynat, pour des agressions sexuelles commises il y a plus de 25 ans sur des scouts, et à l'ouverture d'une enquête pour non dénonciation visant les responsables du diocèse, dont le cardinal Barbarin.

(L'essentiel/afp)