Deux ans après l'attentat

12 juillet 2018 15:22; Act: 12.07.2018 15:36 Print

Victimes à Nice: «On ne va pas forcément mieux»

Pour les victimes de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016, et leurs familles, la douleur est toujours présente, deux ans après.

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L'attentat avait fait 86 morts et des centaines de blessés. (photo: AFP)

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Deux ans ont passé mais pour Émilie Petitjean, qui a perdu un fils le 14 juillet 2016, comme pour de nombreuses victimes de l'attentat de Nice, les cicatrices sont loin d'être refermées. «Le jour de la naissance de Romain, je suis venue travailler, mais je suis repartie au bout d'une heure parce que j'étais effondrée», poursuit la mère de famille, dont le fils de 10 ans a été fauché il y a deux ans par le camion lancé dans la foule par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. «Deux ans après, beaucoup d'enfants et de parents vont mieux, mais un certain nombre a chronicisé des symptômes d'ordre psychopathologique, souvent associés à des difficultés psychosociales», explique Florence Askenazy, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Lenval de Nice.

Sur le millier d'enfants suivis pour des soins depuis deux ans, 350 nécessitent encore une prise en charge, notamment «de très jeunes enfants qui présentent une symptomatologie liée au stress post-traumatique auquel les bébés sont plus vulnérables», poursuit-elle. «Depuis cette nuit-là, on se bat», témoigne Rosa, une Franco-Portugaise de 60 ans: «On nous dit: "Maintenant, il est temps d'avancer", mais nous, on n'y arrive pas, on voudrait bien, avancer, tourner la page. Mais dites-nous comment on peut oublier ce qu'on a vécu cette nuit-là!».

«J'ai passé trois heures à transporter des corps»

Magali, qui revoit encore les gens essayer de «grimper à un palmier» pour échapper «au camion qui accélérait et fonçait sur les poussettes», abonde: «Je suis suivie par un psychiatre depuis deux ans, j'ai dû avaler tous les antidépresseurs et les somnifères possibles, je ne dors plus que trois heures par nuit parce que je me réveille en hurlant, j'ai l'impression que les corps sont autour de mon lit». Pour Anne Murris aussi, «la souffrance est permanente». Mais celle qui a perdu sa fille de 27 ans dans l'attaque refuse de «rester sur du négatif».

Avec l'association Mémorial des Anges qu'elle préside, elle se bat, en partenariat avec la ville de Nice, pour la création d'un centre de ressources consacré à la mémoire des victimes et à la prévention de la radicalisation. À l'association Promenade des Anges, qu'il dirige, Yassine Bourouais a lui aussi toujours en tête le camion qui l'a frôlé, «avec une personne à l'intérieur qui grinçait des dents et tenait bien le volant». «Après l'attaque, j'ai passé trois heures à transporter des corps et aujourd'hui j'agis toujours de la même manière. Le seul progrès que j'ai fait, c'est que j'ai compris deux ans après que j'agissais avec la culpabilité du survivant», avance-t-il.

Aidée notamment par la Délégation interministérielle à l'aide aux victimes (DIAV), Promenade des Anges met en place des projets comme l'équithérapie, pour les enfants. Et l'association vient aussi, pour que «lumière soit faite», de se constituer partie civile dans les deux instructions en cours, l'une menée à Paris sur l'attentat lui-même, et la seconde, à Nice, sur d'éventuelles failles dans le dispositif de sécurité mis en place le soir de l'attaque.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • nanard le 12.07.2018 17:27 Report dénoncer ce commentaire

    malheureusement les états européens n'ont pas pris la menace terroriste au sérieux. Les frontières européennes sont toujours des passoires. Des gens dangereux , connus des autorités, circulent librement.

  • rino le 13.07.2018 05:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et c'est une illusion de croire, que les attentats finissent avec la fin de guerre en Syrie.....le daech ne vas pas disparaître...le monstre a plusieurs financiers....

  • Trust le 12.07.2018 15:47 Report dénoncer ce commentaire

    «Le jour de la naissance de Romain, je suis venue travailler, mais je suis repartie au bout d'une heure parce que j'étais effondrée» -> ce n'est pas plutôt de son décès ? Car accoucher et venir travailler pendant 1h le même jour me semble peu probable...

Les derniers commentaires

  • rino le 13.07.2018 05:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et c'est une illusion de croire, que les attentats finissent avec la fin de guerre en Syrie.....le daech ne vas pas disparaître...le monstre a plusieurs financiers....

  • resident le 12.07.2018 20:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On a 10 morts chaque jour sur la route et on ne fait aucun article larmoyant dessus Le risque d’attentat est ridicule par rapport au risque d’accident de la route

  • nanard le 12.07.2018 17:27 Report dénoncer ce commentaire

    malheureusement les états européens n'ont pas pris la menace terroriste au sérieux. Les frontières européennes sont toujours des passoires. Des gens dangereux , connus des autorités, circulent librement.

  • torolkozo le 12.07.2018 15:54 Report dénoncer ce commentaire

    Bien sûr car ils sont marqués à vie par un traumatisme majeur alors il ne faut pas se faire l'illusions ...

  • Trust le 12.07.2018 15:47 Report dénoncer ce commentaire

    «Le jour de la naissance de Romain, je suis venue travailler, mais je suis repartie au bout d'une heure parce que j'étais effondrée» -> ce n'est pas plutôt de son décès ? Car accoucher et venir travailler pendant 1h le même jour me semble peu probable...

    • Roxio le 12.07.2018 17:18 Report dénoncer ce commentaire

      @Trust. Peut être qu'elle voulait dire le jour anniversaire de son fil. Survivre à son enfant est une terrible épreuve pour un parent.

    • Michmich le 12.07.2018 21:44 Report dénoncer ce commentaire

      Oui bien sûr que c'est de ca dont cette personne parle