«Affaire Seznec»

25 février 2018 15:21; Act: 25.02.2018 15:19 Print

Une affaire criminelle relancée un siècle après?

Une retentissante affaire vieille d'un siècle a ressurgi ce week-end avec des fouilles dans une maison de l'ouest de la France pour retrouver un cadavre et la découverte d'un os.

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La maison de la famille Seznec à Morlaix pourrait bientôt donner le fin mot de toute l'histoire.

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«L'affaire Seznec», sujet de téléfilms, d'une pièce de théâtre, de musique ou d'écrits divers, ressurgit 95 ans après la disparition d'un élu de l'ouest du pays. Sans preuves ni aveux, Guillaume Seznec fut condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général en Bretagne avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture. Mais le corps de Quémeneur n'a jamais été retrouvé.

C'est pour tenter d'élucider cette énigme qu'un ancien avocat de la famille, Denis Langlois, et l'auteur d'un livre sur l'affaire, Bertrand Vilain, ont lancé des fouilles «privées» samedi dans l'ancienne maison des Seznec. Et un os humain a été découvert, «peut-être une tête de fémur», dans un ancien cellier de la maison, selon le procureur de Brest Philippe Récappé. Un morceau de pipe a été également retrouvé.

Le témoignage d'un enfant

«On avait une information solide, un témoignage précieux. On n'a pas creusé au hasard», a expliqué Bertrand Vilain. Aussitôt après cette découverte, la police, prévenue, est arrivée sur place et les fouilles ont repris dimanche sous son contrôle. Ces nouvelles recherches font suite à la publication en 2015 du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits, décédé en 1982. Il a été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.

«Petit-Guillaume» raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain «Pierre» en ce jour ensoleillé de mai 1923, puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. «Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête», a-t-il dit, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois dans «Pour en finir avec l'affaire Seznec» paru plus de 35 ans après avoir recueilli ce témoignage. Selon «Petit Guillaume», en dehors de ses parents et de lui-même, seule une domestique, Angèle, présente dans la maison au moment du drame, fut mise au courant. Le jour même, «avec Angèle, on nous a fait jurer de ne rien dire», précise-t-il.

«L'hypothèse sur laquelle nous travaillons c'est que Pierre Quémeneur aurait tenté d'abuser» de l'épouse de Seznec qui «se serait défendue en le frappant avec un candélabre», a expliqué dimanche Bertrand Vilain. L'explication de «Petit-Guillaume» est «la thèse la plus vraisemblable, la moins en contradiction avec les éléments du dossier», estime Denis Langlois, avocat entre 1976 et 1990 de la famille.

(L'essentiel/AFP)