Agressions sexuelles

22 février 2018 08:04; Act: 22.02.2018 10:07 Print

Mobilisation pour faire libérer Ramadan

Alors que la justice doit statuer jeudi sur la demande de liberté du théologien, des responsables musulmans ont réclamé sa libération et des personnalités ont signé une lettre.

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Deux recteurs de mosquées françaises ont réclamé mercredi la «libération immédiate» de l'islamologue suisse, Tariq Ramadan, en raison de son état de santé. Cet appel intervient à la veille d'une décision sur son maintien ou non en détention.

Dans un communiqué commun, le recteur de la Grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, et son homologue de l'agglomération voisine de Villeurbanne, Azzedine Gaci, estiment le théologien «victime d'un lynchage médiatico-politique, où les convictions personnelles et les rancœurs prennent souvent le pas sur la sacro-sainte présomption d'innocence».

«Le régime d'exception et la sévérité appliquée à cet intellectuel de renom, reconnu et respecté au sein des musulmans de France, alimentent sans cesse le sentiment d'une justice à double vitesse et nourrissent l'idée selon laquelle Tariq Ramadan est plus jugé pour ses idées et ses engagements que pour les faits qui lui sont reprochés, et sur lesquels la justice doit pouvoir travailler en toute sérénité», écrivent-ils.

Pour une justice «sereine»

«Loin de toute autre considération, c'est au nom de cet esprit de justice sereine et apaisée que nous demandons sa libération immédiate en raison de la dégradation de son état de santé», ajoutent les deux recteurs.

Par ailleurs, une trentaine de personnalités ont publié mercredi dans Mediapartune lettre réclamant «une justice impartiale et égalitaire pour Tariq Ramadan».

Après trois mois d'enquête préliminaire, Tariq Ramadan a été mis en examen pour viols, le 2 février, à Paris, et placé en détention provisoire. Il conteste cette situation en invoquant notamment son état de santé - il affirme souffrir de deux pathologies dont une sclérose en plaques.

Décision jeudi

La cour d'appel de Paris doit statuer jeudi sur sa demande de remise en liberté, après qu'une expertise médicale a conclu qu'il pouvait rester en prison en questionnant le diagnostic de ces maladies.

Le théologien nie catégoriquement les accusations portées contre lui pour des faits qui auraient eu lieu dans des hôtels en marge de ses conférences à succès, le 9 octobre 2009, à Lyon, et en mars-avril 2012, à Paris.

Depuis le début de l'affaire, rares ont été les responsables musulmans à s'exprimer publiquement sur le sort de Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur de la confrérie islamiste des Frères musulmans.

(L'essentiel/nxp/ats)