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20 décembre 2017 16:08; Act: 20.12.2017 17:30 Print

Nordahl Lelandais mis en examen pour assassinat

Déjà mis en examen pour la disparition et le meurtre de la petite Maëlys, l'ancien militaire français a aussi été mis en examen pour l'assassinat du caporal Arthur Noyer.

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Nordhal Lelandais a encore été mis en examen.

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Après la petite Maëlys, Nordahl Lelandais est désormais soupçonné de l'assassinat du caporal Arthur Noyer, une accusation qui va conduire les enquêteurs à rouvrir les dossiers des disparitions non élucidées dans la région. Après deux jours de garde à vue, cet ancien maître-chien de l'armée de terre âgé de 34 ans a été mis en examen mercredi pour l'assassinat du jeune militaire. Il l'était déjà depuis la fin novembre pour Maëlys.

Lors d'une conférence de presse, le procureur de Chambéry, Thierry Dran, a expliqué qu'il s'appuyait sur des «indices graves et concordants» fournis par le bornage du téléphone du suspect et la présence de son véhicule sur les lieux de la disparition d'Arthur Noyer. Le caporal, qui restait introuvable depuis la nuit du 11 au 12 avril et que l'armée considérait comme un déserteur, a sans doute été identifié. Son ADN a été trouvé sur les restes d'un crâne humain découvert par un promeneur sur un chemin de randonnée le 7 septembre à Montmélian, à 16 kilomètres de Chambéry.

Un crâne retrouvé

«Dans un premier temps», ce vestige «pouvait paraître comme ancien», a-t-il précisé. Les résultats de son examen, débuté à la mi-décembre, ont été communiqués de manière «concomitante avec la garde à vue». De nouvelles recherches vont être entreprises autour du lieu de la découverte du crâne dès que les conditions météorologiques le permettront. Les parents d'Arthur Noyer et leur avocat, Me Bernard Boulloud, devaient d'ailleurs s'exprimer en fin d'après-midi. Nordahl Lelandais, qui nie farouchement toute implication dans la disparition de Maëlys, a contesté durant sa garde à vue «l'ensemble des faits tout en admettant s'être trouvé à Chambéry et Saint-Baldoph» en même temps que le caporal la nuit de sa disparition, selon le procureur.

Il apparaît en effet que les deux téléphones utilisés par le suspect «avaient déclenché entre 23h48 et 3h41 les mêmes relais» que celui du militaire disparu qui semble avoir pris place dans un véhicule non identifié. «Les images de vidéosurveillance ont démontré que le véhicule de Lelandais (une Audi noire, ndlr) se trouvait à 2h58 à Chambéry, puis à 3h08 sur la commune de Saint Baldoph». Le rapprochement entre les deux affaires s'est fait «il y a quelques semaines», selon une source proche de l'enquête.

Au moins deux autres disparitions à examiner

«Après l'affaire Maëlys, un lien pouvait être fait avec l'Audi utilisée par Lelandais», alors que le grand nombre de ces véhicules - 2 900 rien qu'en Savoie - empêchait les enquêteurs d'aller plus loin. Ils ont alors pu effectuer «des vérifications sur la téléphonie». Quelques jours plus tard, des recherche sur internet effectuée le 25 avril avec les mots clés «décomposition d'un corps humain» ont été retrouvés dans son téléphone.

Désormais, les enquêteurs vont éplucher «toutes les disparitions inquiétantes dans la région». Il y a notamment la disparition de deux hommes à un an d'intervalle, en 2011 et 2012, en marge d'un festival électro au Fort de Tamié (Savoie). Fin novembre, Nordahl Lelandais avait déjà été mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys. L'accusation s'appuie sur la chronologie de la nuit de mariage du 26 au 27 août pendant laquelle la fillette a disparu, recoupant témoignages, expertises téléphoniques et bandes de vidéosurveillance. Une accusation contredite avec véhémence par son avocat Me Alain Jakubowicz qui estime que cette chronologie est «impossible».

(L'essentiel/AFP)