Fusillade aux Champs-Élysées

21 avril 2017 07:17; Act: 21.04.2017 07:47 Print

L'assaillant était visé par une enquête antiterroriste

Après l'attentat qui a tué jeudi soir un policier en plein cœur de Paris, les enquêteurs poursuivent vendredi leur investigations, à 2 jours du premier tour de la présidentielle.

Voir le diaporama en grand »

  • par e-mail
Sur ce sujet

François Hollande a «convoqué» un conseil de défense vendredi à 8h00, à l'issue jeudi soir d'une réunion de crise au cours de laquelle le Chef de l'État s'est entretenu avec le Premier ministre Bernard Cazeneuve et les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Matthias Fekl et Jean-Jacques Urvoas. Au cours de cette fusillade, deux autres policiers ont été blessés, dont l'un grièvement, tandis qu'une touriste a été plus «légèrement» touchée par balle, selon les autorités. L'assaillant a été abattu par la police.

L'attaque, qui a eu lieu vers 21h00, a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), à l'origine de la plupart des attentats, parfois de masse, qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France. «L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'État islamique», selon un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. Or, selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste.

Condamné en 2005 à 15 ans de prison

Cela pose donc la question de savoir s'il s'agit du même homme que celui donné par l'EI. «L'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée», a indiqué devant la presse, près du lieu de l'attaque, le procureur de la République de Paris, François Molins. Mais il s'est refusé à la dévoiler, en raison des nécessités de l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste. L'homme était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers et avait été arrêté le 23 février, avant d'être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes, selon des sources proches de l'enquête.


Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, en Seine-et-Marne. Une perquisition a été menée jeudi soir dans ce département au domicile de l'assaillant, titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque. L'homme a semblé avoir agi seul lors de l'agression, et des investigations sont en cours pour établir «s'il a bénéficié ou pas de complicités», a ajouté M. Molins.

Certains déplacements de campagne annulés

Prenant la parole d'un ton grave depuis l'Elysée, François Hollande s'est dit «convaincu» que la fusillade était «d'ordre terroriste», promettant d'être d'une «vigilance absolue» pour sécuriser la présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche. Le Chef de l'État a annoncé qu'un «hommage national» sera rendu au policier tué.

Les principaux candidats à la présidentielle, qui défilaient sur un plateau de télévision pour un dernier grand oral, ont dénoncé l'attentat et apporté leur soutien aux forces de l'ordre. Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi.

(L'essentiel/AFP)