En France

08 février 2017 13:31; Act: 08.02.2017 18:40 Print

Le «gros dérapage» homophobe de Canteloup

L'humoriste a provoqué un malaise, sur «Europe 1», mercredi matin, lorsqu'il a blagué sur l'affaire du viol à la matraque à Aulnay-sous-Bois. Il s'est depuis excusé.

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«La revue de presque», de Nicolas Canteloup, a provoqué une vague d'indignation mercredi, après la diffusion de cette chronique quotidienne sur l'antenne d'Europe 1. L'imitateur est revenu sur l'affaire du jeune homme qui accuse un policier de l'avoir violé avec une matraque en banlieue parisienne. Pour rappel, Théo, 22 ans, a reçu un coup de matraque télescopique dans l'anus, provoquant «une lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur». L'agent concerné a été inculpé pour viol.

Mais Nicolas Canteloup a décidé de s'en amuser (voir vidéo ci-dessus). Imitant la voix de François Hollande, qui a rendu visite mardi à la victime, il s'est lancé dans une tirade teintée d'homophobie et sans aucun respect pour le jeune Théo, qui se trouve toujours à l'hôpital: «Le rôle de la police, ce n'est pas de mettre des matraques dans les fesses. Maintenant je tiens à m'adresser tout de même à la population gay de ce pays, une population qui me tient à cœur: j'ai fait le mariage gay aux côtés de Christiane Taubira. (…) Je voulais leur dire ceci: "Amis gays, ce n'est pas la peine non plus de chercher un deux pièces dans Aulnay centre, la police ne recommencera plus"».

«Pas drôle et vulgaire»

Malaise sur le plateau. Pourtant, l'animatrice Julie Leclerc ne réagit pas et poursuit l'interview du faux Hollande. Puis l'humoriste enfonce le clou: «C'était un accident, je tiens à le préciser, ce n'est pas une pratique courante sur Aulnay-sous-Bois. Pour Théo, j'ai rendu possible le mariage gay. Après l'épisode de la matraque, après réflexion, s'il se découvre des sentiments sur le policier qui lui a introduit la matraque, ils pourront grâce à moi s'épouser».

«Arrêtez, ce sont des faits graves, lui répond l'animatrice Julie Leclerc. Non non, on ne plaisante pas avec ça». L'indignation au sein même de la radio a été telle que la société des rédacteurs d'Europe 1 a ainsi fait part de son indignation sur Twitter. Le journaliste Thomas Sotto, présent sur le plateau, a défendu son collègue tout en reconnaissant que le sketch était «consternant». Devant le tollé provoqué par sa chronique, Nicolas Canteloup a lui-même présenté ses excuses en se disant «très sincèrement désolé».

«C'était un très gros déra­page ce matin, évidem­ment invo­lon­taire. Très mauvaise inspi­ra­tion qui ne nous ressemble pas. On pensait que c'était trash, c'était juste pas drôle et vulgaire», a ajouté son manager.