Télévision française

05 novembre 2016 13:10; Act: 05.11.2016 13:16 Print

«iTELE» toujours paralysée par la grève

Depuis le 17 octobre, le mouvement de grève est chaque jour reporté sur la chaîne d'info. En cause, la venue de l'animateur controversé Morandini.

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Trois syndicats de la chaîne seront reçus par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, pour la première fois depuis le début du conflit, a fait savoir le ministère samedi. (photo: AFP)

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Trois syndicats de la chaîne d'info française iTELE seront reçus lundi par la ministre française du Travail, Myriam El Khomri, alors que s'achève dimanche la troisième semaine de grève des journalistes, une durée inédite dans l'histoire de l'audiovisuel privé français. Initié le 17 octobre, le mouvement de grève a été reconduit chaque jour par une large majorité de la rédaction de la chaîne qui réclame pèle-mêle une charte éthique, un projet stratégique et éditorial clair et le départ de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini, mis en examen «pour corruption de mineur aggravée».

Vendredi, jour du 17e anniversaire de la chaîne d'info en clair, membre du groupe CANAL+, la reprise du dialogue entre grévistes et dirigeants n'a débouché sur «aucune avancée concrète», selon des salariés qui y participaient. La direction, qui ne souhaite pas se séparer de Jean-Marc Morandini, a fait une seule proposition jusqu'ici aux journalistes: des ruptures conventionnelles qui doivent permettre à ceux qui le souhaitent de partir avec indemnités.

Le CSA tacle l'émission de Morandini

Avec vingt jours de grève, c'est le deuxième plus long conflit social dans l'audiovisuel français depuis la mouvement social de mai 1968, après celui de Radio France, en mars-avril 2015. C'est l'arrivée de Jean-Marc Morandini le 17 octobre à l'antenne, souhaitée personnellement par le propriétaire de CANAL+ Vincent Bolloré, qui a mis le feu aux poudres dans cette rédaction déjà secouée par une réduction drastique des effectifs. Outre ses problèmes judiciaires, la rédaction reproche à Jean-Marc Morandini de pratiquer le mélange des genres entre information et divertissement.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), gendarme de l'audiovisuel, a accusé jeudi l'animateur de «manquements aux exigences d'honnêteté et de rigueur»: pour son émission «Morandini Live», il a fait intervenir «Samantha, correspondante aux Etats-Unis» qui s'est avérée être «une photographe interrogée depuis Londres». Selon Patrick Eveno, ancien membre du comité d'éthique d'iTELE et universitaire, Vincent Bolloré «ne sait pas quoi faire d'iTELE» depuis sa prise de pouvoir car «dans sa stratégie, l'information n'a pas de place, ça ne l'intéresse pas».

L'industriel à la tête du groupe Vivendi a pris le contrôle en juillet 2015 du groupe audiovisuel CANAL+, qui compte la première chaîne française cryptée CANAL+, des chaînes thématiques payantes ainsi que des chaînes gratuites dont iTELE.

(L'essentiel/AFP)