Énergie en France

28 juin 2017 18:39; Act: 29.06.2017 12:13 Print

Démarrage sous condition de l'EPR de Flamanville

EDF a échappé au pire: l'EPR de Flamanville (Manche) pourra bien démarrer avec sa cuve initiale, malgré ses anomalies

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EDF a obtenu un démarrage sous condition de l'EPR de Flamanville. (photo: AFP/Charly Triballeau)

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Les caractéristiques du fond et du couvercle de la cuve, sur lesquels un défaut été détecté fin 2014, sont "suffisantes" pour permettre à l'EPR de fonctionner dans un premier temps, mais le couvercle ne peut "être utilisé que pour une durée limitée", fixée à fin 2024, a déclaré mercredi le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, lors d'une conférence de presse. Cette date correspond au temps nécessaire pour réaliser un nouveau couvercle, a précisé l'ASN. Après plus de deux ans de procédures et de tests, le gendarme du nucléaire a rendu mercredi un avis préliminaire, très attendu dans ce dossier crucial pour la filière française de l'atome, avant une décision définitive en octobre, après des consultations.

Selon lui, les anomalies détectées constituent "une diminution des marges" de sécurité, détaille-t-il dans un communiqué. À côté du remplacement du couvercle, l'ASN exige aussi d'EDF "des contrôles périodiques supplémentaires afin de s'assurer de l'absence d'apparition ultérieure de défauts" sur le fond de la cuve. Mais le réacteur de 1 650 MW pourra fonctionner sans "aucune" restriction, notamment de puissance. Prenant les devants de cet avis de l'ASN, une commande pour fabriquer un nouveau couvercle a été passée auprès d'un groupe japonais, ont indiqué à l'AFP des sources concordantes. Le changement d'un couvercle n'est pas une mesure inédite. EDF l'a déjà fait sur une cinquantaine de réacteurs en activité du parc français. EDF prévoit de démarrer l'EPR fin 2018, pour une mise en service commerciale en 2019, quand le calendrier initial tablait sur 2012.

10,5 milliards depuis le début du chantier

Une concentration excessive en carbone avait été détectée fin 2014 sur l'acier du fond et du couvercle de la cuve forgée à l'usine Creusot Forge d'Areva, affaiblissant potentiellement leur résistance, alors que la cuve est un équipement capital dans le confinement de la radioactivité d'un réacteur. Si elle est confirmée en octobre, la décision de l'ASN lèvera aussi la dernière condition posée par Bruxelles à la recapitalisation de 5 milliards d'euros d'Areva, dans le cadre de sa restructuration, prévue au troisième trimestre de cette année. Pour prendre sa décision, le gendarme du nucléaire s'est appuyé sur l'avis d'un groupe d'experts, rendu mardi soir. Deux de ses membres ont cependant joint à cet avis une position minoritaire, regrettant que le résultat de cette "procédure dérogatoire" constitue "au-delà de la résolution de ce dossier, une jurisprudence durable".

Ils pointent notamment "l'excès de confiance, le caractère tardif de la détection" des anomalies et "le choix industriel de mener l'installation de la cuve à son terme avant" d'en déterminer la nature exacte. L'EPR, premier modèle français d'un réacteur de troisième génération, était censé être une vitrine de l'industrie nucléaire française, mais les deux prototypes toujours en chantier - celui de Flamanville et celui en construction en Finlande - ont accumulé les déboires. Le coût de l'EPR de Flamanville a ainsi triplé à 10,5 milliards d'euros depuis le début du chantier. Quatre autres EPR sont en construction, deux en Chine, dont le premier doit démarrer cette année, et deux en Angleterre, à Hinkley Point. Les cuves des EPR chinois, dont le premier doit démarrer cette année, ont également été forgées par Areva au Creusot, et les autorités de sûreté chinoises ont été associées au processus de contrôle de la cuve de Flamanville. Une vingtaine de militants de Greenpeace ont manifesté mercredi matin devant le chantier de l'EPR pour demander au ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, de ne pas autoriser le démarrage de l'EPR.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • fabilux le 29.06.2017 09:44 Report dénoncer ce commentaire

    mettre en route en centrale pareille déjà en défaillance est criminel . Et là, je rigole en lisant la fin de l'article ; comme si Nicolas Hulot allait être contre le démarrage!! je ris, j'en rien . A la botte de Mr Macron, il ne pourra jamais rien faire ou bien il démissionne et redevient vraiment un écologiste, ou bien il la ferme et dit amen à tout .

  • Luxo le 28.06.2017 23:42 Report dénoncer ce commentaire

    Ouf, enfin! On va pouvoir demander à la fermeture de plusieurs centrales au charbon.

Les derniers commentaires

  • fabilux le 29.06.2017 09:44 Report dénoncer ce commentaire

    mettre en route en centrale pareille déjà en défaillance est criminel . Et là, je rigole en lisant la fin de l'article ; comme si Nicolas Hulot allait être contre le démarrage!! je ris, j'en rien . A la botte de Mr Macron, il ne pourra jamais rien faire ou bien il démissionne et redevient vraiment un écologiste, ou bien il la ferme et dit amen à tout .

    • @Fabilux le 29.06.2017 10:17 Report dénoncer ce commentaire

      Etre écologiste c'est être contre l'électricité ? Quand allez vous comprendre qu'il n'y a pas d'autres moyens envisageables pour l'instant, rien qui puisse remplacer un centrale en terme de puissance. Vous préférez sans doute les centrales au charbon allemandes qui sont en train de détruire ce qui reste de banquise ?

  • Luxo le 28.06.2017 23:42 Report dénoncer ce commentaire

    Ouf, enfin! On va pouvoir demander à la fermeture de plusieurs centrales au charbon.