Nucléaire en France

14 octobre 2017 15:13; Act: 14.10.2017 15:28 Print

Greenpeace fustige les «piscines en carton»

Deux jours après le coup de force à Cattenom, des militants de l'ONG ont organisé des actions dans plusieurs villes pour dénoncer la sécurité des centrales nucléaires.

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«Greenpeace demande qu'EDF agisse et protège ces piscines avec des enceintes de confinement, comme c'est la norme pour les nouveaux réacteurs», a déclaré Chris Schneider, militant de l'ONG à Paris. «Elles sont à côté du réacteur et reçoivent le combustible. Elles peuvent être visées par des actes de malveillance», a renchéri un autre militant, Jacques Delor, à Bordeaux, en réclamant leur «bunkerisation».

Ces actions ont eu lieu dans une vingtaine de villes, dont Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Rennes ou Strasbourg, menées à chaque fois par une dizaine de militants. Bonnets de bain jaune marqués du symbole de la radioactivité et frites de piscine en main, certains étaient installés dans de faux bassins en carton fissurés sur lesquels était écrit «Piscine en carton = accident nucléaire» et «EDF, l'amour du risque».

Un feu d'artifice à Cattenom

Les autres militants faisaient signer des pétitions aux passants. «Cette vieille centrale de Fessenheim me fait peur, surtout avec l'émergence du risque terroriste. Il faudrait encourager des méthodes alternatives au lieu d'investir dans le nucléaire», s'est ainsi inquiétée Renée, retraitée et signataire de la pétition à Strasbourg.

Dans un rapport dont des extraits ont été publiés mardi, sept experts mandatés par l'ONG se sont penchés sur la capacité de résistance des piscines d'entreposage des combustibles nucléaires usés dans les centrales françaises, et dans celles de Doel et Tihange en Belgique. Ils ont pointé du doigt le fait que ces piscines, qui peuvent contenir plus de combustibles que les cœurs des réacteurs, ne sont pas protégées comme ces derniers par des enceintes de confinement renforcées.

Si la piscine est endommagée par un acte de malveillance et qu'il n'y a plus d'eau, le combustible s'échauffe, déclenchant alors un accident nucléaire, met en garde Greenpeace. Pour défier EDF qui a assuré que les centrales étaient «sûres, bien surveillées et bien protégées», des militants de l'ONG se sont introduits jeudi sur le site de Cattenom (Moselle). Greenpeace a affirmé, vidéo à l'appui, avoir tiré un feu d'artifice au pied du bâtiment abritant la piscine, mais EDF a assuré que les militants n'avaient pas pénétré dans la zone nucléaire.

(pp/L'essentiel/AFP)