France

23 octobre 2018 08:24; Act: 23.10.2018 09:14 Print

Avec #PasDeVague, la parole des profs se libère

La vidéo d'un élève pointant une arme sur une enseignante a brisé la loi du silence. Des milliers de tweets ont révélé un malaise ancien dans le corps enseignant français.

L'émotion suscitée par la vidéo montrant l'agression de Créteil a délié les langues.

Sur ce sujet

La violence en milieu scolaire n'a pas attendu l'agression de Créteil, près de Paris, pour se manifester. Mais le soutien apporté par le gouvernement à l'enseignante braquée avec une arme factice a dénoué les langues de milliers d'enseignants français. Sous le hashtag #PasDeVague, ils ont raconté leurs expériences, souvent glaçantes, sur le web.

«J'aurais aimé être soutenue lorsqu'une élève, il y a quelques années, m'a tapé dessus dans un couloir. Mais le conseil de discipline ne l'a pas même exclue. Et on m'a expliqué qu'il fallait prendre les choses moins à cœur. Voilà la réalité du terrain», témoigne par exemple Maelita, sur Twitter.

Qu'ils aient été les victimes d'agressions physiques ou verbales, ou encore les témoins d'agressions contre des élèves, les enseignants disent tous leur impuissance à faire réagir leur hiérarchie. Et dénoncent cette loi du silence qui leur était imposée, l'obligation de ne «pas faire de vagues». Autant d'exigences qui tranchent avec la réaction du ministre de l'Éducation nationale. Jean-­Michel Blanquer les a appelés à «signaler les faits» et leur a promis «du soutien» après l'affaire de Créteil.

20 000 tweets en un week-end

Selon Francetvinfo, près de 20 000 témoignages ont été publiés pendant le week-end. «Comment, en 2018, les réseaux sociaux peuvent rompre en une seule soirée des années d'omerta dans l'Éducation nationale?» résume un compte Twitter, intitulé Transparency Education Nationale.

D'autres témoignages de prof

(L'essentiel/aia)