Procès du 13 novembre

24 septembre 2021 21:15; Act: 25.09.2021 13:25 Print

Ils quittent la salle sur une vidéo glaçante de Daech

Des parties civiles ont quitté la salle d'audience, vendredi, alors qu'une vidéo «insoutenable» diffusée par Daech après le 13 novembre 2015 était projetée à nouveau.

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«Les images ont été expurgées des scènes les plus insoutenables» mais «la vidéo reste choquante», met en garde le commissaire de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire qui témoigne sous le nom de «SDAT99». (photo: AFP)

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La vidéo, terrifiante, s'intitule «Tuez-les où que vous les rencontriez»: pendant une quinzaine de minutes interminables, ces images de revendication et de propagande ont été projetées vendredi dans la salle d'audience du procès des attentats du 13-Novembre. Vidéo de l'État islamique (EI), diffusée via l'application de messagerie Telegram le 24 janvier 2016, elle met en scène neuf des auteurs des attentats devant le Stade de France, au Bataclan et sur des terrasses et restaurants parisiens.

L'Etat islamique avait revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 dès le lendemain matin dans un message audio, également diffusé à l'audience, mais l'EI a attendu que les enquêteurs identifient et neutralisent le dernier kamikaze, Chakib Akrouh, pour diffuser sa vidéo. «Les images ont été expurgées des scènes les plus insoutenables» mais «la vidéo reste choquante», met en garde le commissaire de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire qui témoigne sous le nom de «SDAT99». Des parties civiles quittent la salle.

«Vous êtes haïs»

Les images sont effectivement insoutenables et donnent la nausée. On y voit, séparément, les neuf jihadistes des commandos du 13-Novembre. Vêtus de treillis militaires beiges, armés de couteaux ou d'armes automatiques, les cheveux longs dépassant de leurs bonnets de laine, «les neuf lions du califat», comme les surnomme l'EI, menacent de «tuer les mécréants», promettent de faire «couler le sang». Joignant le geste à la parole, ils exécutent froidement des otages en combinaison orange à genoux devant eux.

L'image s'arrête pile quand le poignard frôle la gorge ou l'arme se pose sur la nuque d'un malheureux. Les jihadistes ânonnent, avec difficulté, des textes de haine. Selon l'enquêteur, ces images de propagande ont été tournées «au cours de l'été 2015». Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel des commandos, apparaît sur la vidéo mais n'est pas en treillis, ni en extérieur. «À l'époque du tournage, explique l'enquêteur, Abaaoud était déjà en Europe». «On est déjà chez vous pour vous égorger. Vous êtes haïs. Vous envoyez vos avions de chasse, nous envoyons nos chasseurs», vocifère-t-il à l'adresse de la France. Ses paroles sont décousues voire incohérentes.

Les erreurs de Daech

«On va vous combattre jusqu'au pied de la Tour Eiffel», clame un autre membre des commandos, arme à feu à la main. On voit également Brahim Abdeslam, le frère de Salah Abdeslam, seul membre des commandos encore en vie, s'entraîner au tir. Contrairement aux autres protagonistes de la vidéo, Brahim Abdeslam, ne parle pas. Toujours en cavale au moment de la diffusion, Salah Abdeslam n'apparaît à aucun moment.

Mais si l'EI cherchait ainsi à protéger les siens pas encore arrêtés ou neutralisés par la police, elle commet des erreurs. L'audio de revendication des attentats a ainsi mis la police sur la piste d'un «huitième homme». Sept kamikazes ont fait exploser leur ceinture explosive ou ont été tués le soir du 13-Novembre, or le message de revendication diffusée parlait de «huit lions déchaînés», souligne l'enquêteur. Cette bande audio est tout aussi terrifiante que la vidéo.

Dans la salle pétrifiée, une femme pleure. L'audience reprendra mardi avec les premiers témoignages des parties civiles.

(L'essentiel/afp)