Professeur décapité en France

21 octobre 2020 08:42; Act: 21.10.2020 09:49 Print

7 personnes dont 2 mineurs présentées à un juge

L'ouverture d'une information judiciaire et d'éventuelles mises en examen pourraient être décidées après l'assassinat, vendredi, du professeur Samuel Paty.

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Deux personnes regardent des fleurs déposées devant le lycée du Bois d'Aulne en hommage à Samuel Paty, le professeur d'histoire assassiné. (photo: AFP/Anne-christine Poujoulat)

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Sept personnes, dont deux mineurs, seront déférées, dans la nuit de mardi à mercredi, pour être présentées à un juge antiterroriste en vue de l'ouverture d'une information judiciaire et d'éventuelles mises en examen après l'assassinat, vendredi, du professeur Samuel Paty, a appris l'AFP de source judiciaire. Parmi elles figure Brahim C., le parent d'élèves qui a lancé la mobilisation contre le professeur après deux cours sur la liberté d'expression dispensés par M. Paty les 5 et 6 octobre dans son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Les enquêteurs antiterroristes, qui recherchent d'éventuelles complicités, s'intéressent notamment à des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, un réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans. Le sulfureux militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avait accompagné ce parent d'élèves dans sa mobilisation, sera également présenté à un juge mercredi. Également déférés, deux mineurs sont soupçonnés d'avoir reçu de l'argent de l'assaillant en échange de renseignements sur la victime.

L'enseignant avait été «désigné» à l'assaillant

Une source proche du dossier avait expliqué lundi à l'AFP que l'enseignant décapité avait été «désigné» à l'assaillant «par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération». Enfin, trois amis de l'assaillant, qui s'étaient livrés spontanément au commissariat d’Évreux vendredi soir, doivent eux aussi être présentés à un juge. Selon une source proche du dossier, l'un d'entre eux est soupçonné d'avoir convoyé l'assaillant, tandis qu'un autre est suspecté de l'avoir accompagné lors de l'achat d'une arme qui a servi lors de son attentat. Les gardes à vue de neuf autres personnes ont en revanche été levées mardi soir, sans qu'elles fassent l'objet de poursuites à ce stade.

Parmi ces personnes figurent trois collégiens, les parents, le grand-père et le petit frère du meurtrier, mais aussi la compagne de M. Sefrioui ainsi qu'un homme déjà condamné pour terrorisme et qui a été en contact avec l'assaillant. Vendredi vers 17h, Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, à proximité du collège où il enseignait dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, avant d'être tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là. Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.

Le parquet antiterroriste doit tenir une conférence de presse à 14h30, mercredi, à Paris.

(L'essentiel/afp)