Attaque à Paris

25 septembre 2020 16:26; Act: 25.09.2020 20:41 Print

«Manifestement un acte de terrorisme islamiste»

Deux salariés de l'agence «Premières Lignes» ont été blessés à l'arme blanche, vendredi vers midi à Paris. Suivez l'évolution de la situation en direct.

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Les principaux faits:

• Une attaque à l'arme blanche s'est déroulée à Paris près des anciens locaux de Charlie Hebdo ce vendredi en fin de matinée.

• Deux personnes - un homme et une femme - ont été blessées mais «leurs jours ne sont pas en danger», a déclaré Jean Castex, le chef du gouvernement.

• Les victimes sont deux chargés de production de l'agence de presse Premières Lignes, qui a filmé les attaques des frères Kouachi en janvier 2015.

• Deux suspects ont été placés en garde à vue. L'un d'eux a 18 ans et est connu pour des faits de droit commun mais pas pour radicalisation.

• L'arme a été retrouvée sur place.


20h37

L'attaque au hachoir à Paris, qui a fait deux blessés vendredi, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, constitue «manifestement un acte de terrorisme islamiste», a déclaré Gérald Darmanin sur France 2.

«C'est la rue où il y avait Charlie Hebdo, c'est le mode opératoire des terroristes islamistes, bien évidemment, cela fait peu de doute, c'est une nouvelle attaque sanglante contre notre pays», a ajouté le ministre de l'Intérieur.

20h30

Cinq hommes, nés entre 1983 et 1996, ont été placés en garde à vue vendredi dans l'enquête antiterroriste sur l'attaque au hachoir à Paris, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, a appris l'AFP de source judiciaire.

D'après cette source, ces cinq hommes ont été interpellés à Pantin (Seine-Saint-Denis) par les enquêteurs lors d'une perquisition à l'un des domiciles supposés du principal suspect de cette attaque. Ces cinq gardes à vue s'ajoutent à celle du principal suspect et d'un autre homme, interpellées juste après l'attaque.

18h03

Dans une publication Facebook, Charlie Hebdo fait part de sa solidarité. «Toute l'équipe de Charlie Hebdo ne peut que condamner cet acte ignoble et soutenir les victimes et leurs familles dans cette épreuve. Cet épisode tragique démontre une fois de plus que le fanatisme, l'intolérance, dont l'enquête nous révélera les origines, sont toujours aussi présents dans la société française. Loin de nous terroriser, de tels événements doivent nous rendre encore plus combatifs dans la défense de nos valeurs», écrit notamment l'hebdomadaire satirique.

Publié par Charlie Hebdo sur Vendredi 25 septembre 2020

16h05

L'auteur principal des faits, interpellé sur les marches de l'Opéra Bastille, est un jeune d'origine pakistanaise de 18 ans, connu pour des faits de droit commun (port d'armes) mais pas pour une possible radicalisation. Le 2e interpellé est âgé de 33 ans et a été arrêté à la station de métro Richard Lenoir.

16h

«C'est un traumatisme majeur pour tout cet immeuble», a confié à BFM TV Luc Hermann, codirigeant et journaliste de Premières Lignes, évoquant les deux victimes, un homme et une femme, «trentenaires», «qui travaillent avec notre équipe de production». «Ils faisaient une pause cigarette ce matin au pied de l'immeuble (...) et ils ont été surpris et attaqués par un seul assaillant armé d'un très gros couteau (...) Vous imaginez l'effroi dans cet immeuble, 5 ans et demi après l'attentat contre Charlie Hebdo».


Deux personnes ont été blessées à l'arme blanche à Paris vendredi dans des circonstances encore indéterminées près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo, en plein procès des attentats meurtriers qui l'avaient notamment visé en janvier 2015. Les victimes sont deux chargés de production de l'agence de presse de Premières Lignes, a confirmé le cofondateur de l'agence, Paul Moreira. «Leurs jours ne sont pas en danger», a rassuré Jean Castex, le chef du gouvernement lors d'un point presse.

Située dans le même immeuble que les anciens locaux de Charlie Hebdo, Premières Lignes, qui collabore notamment avec Cash Investigation a par ailleurs vécu et filmé la fuite des frères Kouachi en janvier 2015, après l'attaque de Charlie Hebdo. «Cela s'est passé vers 11h45, un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l'immeuble, un homme et une femme, explique-t-il. L'homme et la femme ont été tous les deux très gravement blessés», a-t-il ajouté.

«Deux collègues fumaient une cigarette en bas de l'immeuble, dans la rue. J'ai entendu des hurlements. Je suis allée à la fenêtre et j'ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue. On sait que nos deux collègues sont blessés, mais nous n'en savons pas davantage pour le moment», a déclaré sous couvert d'anonymat une employée de Premières Lignes. Les salariés de la société sont actuellement confinés dans un théâtre à proximité, a précisé BFM.

Deux suspects ont été interpellés. Un premier bilan de la préfecture de police (PP) faisait état de quatre blessés dont deux en «urgence absolue», avant d'être revu à la baisse. Le procureur de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour «tentative d'assassinat», le parquet antiterroriste a été saisi.

Un périmètre de sécurité a été établi autour des anciens locaux de Charlie Hebdo, situés dans le XIe arrondissement, pour un «colis suspect», a ajouté la préfecture. La BRI a été mobilisée et le laboratoire central de la préfecture s'est rendu sur place, a encore dit la PP, invitant à «éviter le secteur». Une cellule de crise a été ouverte au ministère de l'Intérieur. Le ministre Gérald Darmanin et le Premier ministre Jean Castex se rendent actuellement sur place.

Cinq écoles ont également été confinées dans le périmètre, a indiqué à l'AFP le rectorat de Paris. Le Samu a de son côté indiqué avoir déclenché sa cellule de crise opérationnelle, tandis que la RATP a déclaré avoir «complètement fermé au public» la station de métro Bastille par «mesure de sécurité».

«Vers midi, on est allés faire une pause déjeuner au restaurant. En arrivant, la patronne s'est mise à crier "partez, partez", il y a un attentat... On est partis en courant s'enfermer et rester à l'intérieur de notre boutique avec quatre clients», a raconté à l'AFP Hassani Erwan, 23 ans, un coiffeur situé au coin de la rue Saint-Sabin et la rue Verte.

Cette attaque survient alors que la rédaction de Charlie Hebdo fait l'objet de nouvelles menaces depuis que l'hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l'occasion de l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015, qui doit se tenir jusqu'au 10 novembre.

(L'essentiel/afp)