Affaire Ramadan

08 février 2018 22:44; Act: 09.02.2018 12:35 Print

«Désolé pour ma violence. J'ai aimé…»

La femme qui accuse Tariq Ramadan de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel à Lyon, en 2009, a versé au dossier une série de SMS gênants. L'islamologue nie en être l'auteur.

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Tariq Ramadan se trouve toujours en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Paris. (photo: AFP)

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Mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable, Tariq Ramadan se trouve toujours en détention provisoire. Pendant sa garde à vue, l'islamologue genevois a été confronté à l'une des deux femmes qui l'accusent de viol en France, une quadragénaire convertie à l'islam qui a maintenu ses accusations. Cette femme marche avec une béquille depuis un accident de voiture survenu quelques mois avant les violences sexuelles qui auraient eu lieu dans une chambre d'hôtel à Lyon, en 2009.

Selon une source proche du dossier, cette mère de trois enfants, divorcée d'un mari lui-même salafiste, a décrit une cicatrice de l'universitaire au niveau de l'aine. Le théologien a reconnu l'existence de cette cicatrice mais nié toute relation sexuelle avec cette femme. S'il reconnaît avoir flirté avec elle par le biais des réseaux sociaux pendant six mois, il dit ne l'avoir rencontrée que brièvement dans le hall de l'hôtel lyonnais.

«Tu veux encore? Pas déçue?»

Une clé USB versée au dossier par la plaignante contient cependant des éléments semblant confirmer l'existence d'une relation sexuelle violente entre les deux protagonistes, selon Le Parisien. Cette clé renferme une série de SMS attribués à Tariq Ramadan et écrits le 10 octobre 2009, soit le lendemain de l'agression présumée. Ces textos sont lisibles sur cinq photos prises, en 2010, d'un écran de téléphone. La plaignante n'a en effet jamais transmis son appareil aux autorités.

Le premier SMS, envoyé à 19h29, disait: «J'ai senti ta gêne… désolé pour ma "violence". J'ai aimé… Tu veux encore? Pas déçue?» Devant l'absence de réponse, le prédicateur aurait relancé son interlocutrice un peu plus de deux heures plus tard: «Ce silence dit quoi???» À 23h09, n'ayant toujours pas reçu de réponse, Ramadan aurait conclu par ces excuses: «Tu n'as pas aimé… Je suis désolé (...). Désolé». Le lendemain, la plaignante aurait reçu ce dernier SMS de l'islamologue: «J'ai attendu tte (NDLR: toute) la journée un message hier pour lire enfin des reproches et une déception… Que veux tu que je rajoute à ça… Ça me peine et c'est moche».

Tariq Ramadan nie avoir envoyé ces messages. La plaignante ayant récemment retrouvé son ancien téléphone, l'authenticité de ces SMS pourrait cependant être rapidement établie.

(L'essentiel/joc/ats)