Dans «Quotidien»

26 avril 2018 20:53; Act: 26.04.2018 20:55 Print

En une petite phrase, Hollande tacle Macron

En campagne de promotion pour son livre, l'ex-président français tape régulièrement sur son successeur. Mercredi soir, dans «Quotidien», il a récidivé.

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Près d'un an après la fin de son quinquennat, François Hollande est omniprésent dans les médias français. L'ex-président assure en effet la promotion de son livre «Les leçons du pouvoir» et profite régulièrement de cette exposition médiatique pour égratigner son successeur. Mercredi soir, sur le plateau de Quotidien sur TMC, Yann Barthès a demandé à son invité si Emmanuel Macron était «le président des riches». Réponse de François Hollande: «Non, ce n'est pas vrai... il est le président des très riches». Rires dans le public, mine stupéfaite du présentateur. «Vous avez ma réponse», a ajouté l'ex-président, visiblement satisfait de son petit effet.

Dans son livre déjà, François Hollande n'épargne pas Emmanuel Macron: «Mes gouvernements réduisaient les inégalités. Celui-là les creuse», écrit-il notamment. À quoi l'ex-président joue-t-il donc? A-t-il décidé de saboter le quinquennat de son successeur? «Quand il communique, c'est qu'il est en campagne pour quelque chose. Hollande a un agenda», assure à 20minutes.fr Philippe Moreau Chevrolet, spécialiste en communication politique. L'ancien dirigeant n'a jamais dit qu'il prenait sa retraite. «Faire de la politique n'est pas forcément solliciter les suffrages, diriger un parti, ou préparer des échéances», explique-t-il dans son livre.

«Il n'a pas supporté de ne pas pouvoir se représenter»

Si François Hollande tacle aussi sévèrement l'actuel gouvernement, c'est probablement parce qu'il ne s'est pas remis de la fin de son quinquennat. «Il n'a pas supporté de ne pas pouvoir se représenter. Il a vécu comme une humiliation d'être supplanté par un type jeune, inexpérimenté, qui lui a pris la présidence dans le dos», analyse Philippe Moreau Chevrolet. Il est également possible que l'ex-président cherche à reprendre la tête d'un Parti socialiste moribond. «Reste qu'en redescendant en quelque sorte dans l'arène politico-médiatique, quand on pourrait attendre de sa part une posture davantage en surplomb ou même plus simplement en retrait, il grille les étapes. Ce n'est pas ainsi qu'il redonnera l'envie d'avoir envie de lui», écrit Libération.

François Rugy, président de l'Assemblée nationale, a en tout cas très peu apprécié la vanne du socialiste dans Quotidien. «J'ai l'impression que François Hollande cède de nouveau à son péché mignon, qui est celui des petites phrases, ironiques, humoristiques», s'est-il agacé sur BFM TV. «Maintenant, il n'est plus président de la République, est-ce qu'il cherche un poste de porte-parole du Parti socialiste? Parce que visiblement, c'est un peu ce qu'il fait, il se place en commentateur, comme souvent, mais en commentateur très critique avec son successeur», a-t-il ajouté.

(L'essentiel/joc)