Affaire Alexia

07 février 2018 22:37; Act: 07.02.2018 22:43 Print

«Il a peut-​​être avoué ce qu'on voulait entendre»

L'avocat des parents d'Alexia, tuée par son mari Jonathann en octobre 2017, s'attend à de nouvelles révélations dans cette affaire. Il n'exclut pas la piste d'une complicité.

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Une semaine après les aveux spectaculaires de Jonathann Daval concernant la mort de son épouse Alexia, l'avocat des parents de la victime fait le point. Maître Jean-Marc Florand, ténor du barreau, se prépare à en voir encore de toutes les couleurs dans cette affaire. «On n'est probablement pas au bout de nos surprises», confie-t-il à Ouest France. Ce qui intrigue tout particulièrement l'homme de loi, c'est la personnalité mystérieuse du principal suspect. «Jonathann adorait sa femme. Ce n'est pas un homme violent (...) Ce Jonathann meurtrier, personne ne le connaît», explique-t-il.

L'avocat prône la vigilance dans cette affaire. Il rappelle que les aveux du trentenaire ne collent pas parfaitement à la réalité et qu'il «a peut-être avoué ce qu'on voulait entendre de lui». En effet, Me Florand n'exclut pas la participation d'un complice ou d'un «co-auteur» et pense que la qualification de meurtre pourrait être reformulée en assassinat, si la thèse de la préméditation était retenue.

Un suicide mystérieux

L'homme de loi ne s'en cache pas, il est très intrigué par le suicide présumé d'un trentenaire, survenu début janvier dans la région. Le corps de Yannick Chevallier a été retrouvé dans un cabanon de jardin, une balle dans la tête. Élement troublant: l'arme n'a pas été retrouvée près du corps de la victime. Les gendarmes pensent que l'homme s'est tiré dessus et qu'il a jeté l'arme à la poubelle avant de s'écrouler environ 40 mètres plus loin.

Une thèse qui laisse Me Florand dubitatif. L'avocat a l'intention de réclamer un prélèvement de l'ADN du trentenaire.  «Près du corps d'Alexia, un ADN reste encore non identifié. Y a-t-il un lien entre ce suicide et la mort d'Alexia? Parfois, le hasard est redoutable», souligne le ténor du barreau. Il poursuit: «Dans une commune de 140 habitants (...), avoir deux morts violentes à quelques centaines de mètres de distance, c'est surprenant. Ce suicide présente des doutes.»

Traumatisés, les parents d'Alexia veulent désormais comprendre pourquoi et comment un tel drame a pu se produire. Ils craignent que Jonathann ne parvienne à commettre l'irréparable en prison: «Un suicide serait catastrophique. Il empêcherait de connaître la vérité sur la mort d'Alexia», estime Me Florand, qui a toutefois confiance en la vigilance de l'administration pénitentiaire.

(L'essentiel/joc)