Macron en Afrique

02 décembre 2017 21:44; Act: 02.12.2017 21:51 Print

«Je veux un retour du patrimoine africain»

Le président français s'est engagé à restituer à l'Afrique son patrimoine culturel tombé aux mains de la France après des batailles coloniales.

storybild

Le président français Emmanuel Macron a créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l'Ouest en déclarant vouloir "un retour du patrimoine africain à l'Afrique". (photo: AFP/Etienne Laurent)

  • par e-mail
Sur ce sujet

Le président français, Emmanuel Macron, a créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l'Ouest en déclarant vouloir «un retour du patrimoine africain à l'Afrique». Une phrase qui redonne de l'espoir au Bénin, après des mois de tractations. «Le patrimoine africain (...) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou», a déclaré le président français.

«Ce sera l'une de mes priorités. D'ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l'Afrique», a-t-il lancé. Prononcée à la fin de son discours augural dans l'université de Ouagadougou, cette phrase a surtout résonné au Bénin, dont le président Patrice Talon a fait une demande officielle d'une restitution d'une partie du patrimoine béninois en juillet 2016.

«Mieux faire connaître nos biens culturels»

Pour le président Talon, qui a notamment fait campagne contre l'influence de la France dans son ancienne colonie, le rapatriement de ces œuvres permettra de «mieux faire connaître à nos populations la valeur de nos biens culturels et historiques» et «faire du tourisme un pilier majeur de l'économie béninoise».

Irénée Zevounou, l'ambassadeur de la délégation du Bénin à l'UNESCO, estime que «4.500 à 6.000 objets (béninois) sont en France, y compris dans des collections privées». L'accaparement des trésors du Royaume du Dahomey s'est fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par les missionnaires qui ont «dépossédé les populations de ce qu'ils considéraient comme des fétiches», explique M. Zevounou.

Historique

«C'est la première fois qu'un président français aborde le sujet frontalement et fait part de sa volonté d'aller dans le sens de la restitution», écrivait aussitôt Marie-Cecile Zinsou, créatrice de la Fondation Zinsou à Cotonou sur sa page Facebook. «Il se pourrait que le discours de Ouagadougou marque un tournant majeur dans la suite des procédures», se réjouit cette amatrice d'art franco-béninoise. De nombreux autres partisans d'un retour des oeuvres du royaume du Dahomey, trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du Palais d'Abomey, statues anthropomorphes..., se sont exprimés depuis, comme Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

Dans une tribune publiée dans la presse, le président du CRAN se félicite d'une «rupture historique» dans le débat, et propose que le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies participe aux négociations entre les deux pays: «il s'agit d'une question de culture, mais aussi d'un enjeu de droit». Le droit, c'est bien ce qui bloque dans ce dossier épineux et particulièrement sensible. Les autorités françaises s'étaient jusqu'à présent rangées derrière «les principes juridiques d'inaliénabilité et d'imprescriptibilité (...) des collections publiques», pour argumenter leur refus de restituer des œuvres, désormais tombées dans le patrimoine français. Pour Yves-Bernard Debie, avocat spécialisé en droit du commerce de l'art, le discours «tranché» d'Emmanuel Macron rompt avec la tradition juridique française établie en 1566 par «l'édit de Moulins».

«Changer la loi française»

«Depuis cette époque, le domaine royal devenu ensuite le domaine public, est inaliénable et imprescriptible. Il est interdit, sauf exceptions rares, au prince, roi ou Président de la République, de disposer de ce domaine. Les chefs d'Etat passent, le domaine public reste!», explique l'avocat à l'AFP.

Une telle restitution demanderait donc de changer la loi française.«C'est peut-être un peu naïf de ma part, mais j'espére que les relations s'améliorent entre le France et ses partenaires d'Afrique», ose Ousmane Alédji, directeur du centre culturel béninois ARTISTTIK AFRICA. «Je préfère être aujourd'hui dans l'espérance du mieux».

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • kikou le 03.12.2017 14:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @nath, encore faudrait il leur rendre toutes les matières que nous leur volons depuis des siècles ! Ouvre les yeux. L’Afrique ne nous doit rien, c’est plutôt l’inverse en vérité!

  • Maniac le 03.12.2017 17:04 Report dénoncer ce commentaire

    Bonne chance.

  • dieux le 04.12.2017 19:38 Report dénoncer ce commentaire

    Qui a dit qu'il ferait tout pour les riches continuez comme cela monsieur Macron je suis d'accord.

Les derniers commentaires

  • dieux le 04.12.2017 19:38 Report dénoncer ce commentaire

    Qui a dit qu'il ferait tout pour les riches continuez comme cela monsieur Macron je suis d'accord.

  • Maniac le 03.12.2017 17:04 Report dénoncer ce commentaire

    Bonne chance.

  • kikou le 03.12.2017 14:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @nath, encore faudrait il leur rendre toutes les matières que nous leur volons depuis des siècles ! Ouvre les yeux. L’Afrique ne nous doit rien, c’est plutôt l’inverse en vérité!

  • nath le 03.12.2017 09:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il faut rendrent à césar ce qui appartient à césar.