Fan au Luxembourg

06 décembre 2017 12:43; Act: 06.12.2017 21:19 Print

Johnny sur scène, «comme une révélation»

MONDELANGE/DIFFERDANGE - Les fans de Johnny pleurent leur idole en France, mais aussi au Luxembourg. Renaud, 38 ans, est tombé dedans quand il était ado.

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La mort de Johnny, Renaud Berrar, frontalier résident à Mondelange et travaillant à Differdange, n'y croit pas encore. «J'ai du mal à réaliser. Ça me renvoie à la mort de mon grand-père, qui est aussi mort d'un cancer. Je ne réalise pas encore, mais ça viendra. J'aurai un contrecoup», explique le jeune papa. «Je n'y croyais pas, je voyais déjà plus loin, je l'imaginais fêter ses 75 ans à Bercy en 2018».

Un concert que Renaud, 38 ans, n'aurait sans doute pas manqué. Ce fan inconditionnel a vu Johnny Hallyday «une trentaine de fois» sur scène. Il est tombé dedans quand il avait 14 ans. «C'était en 1993 avec le concert de ses 50 ans au Parc des Princes. C'est la première fois qu'on voyait quelque chose comme ça à la télé, avec un artiste français», se souvient-il. «Gamin, on connaissait quelques chansons de Johnny, forcément. Mais là, en voyant ces trois heures de spectacle, ça a été comme une révélation. J'étais tombé dedans. Et quand tu es pris dans la spirale Johnny, tu n'es pas déçu. Il se donne toujours à fond pour son public». Du coup, le jeune garçon commence à suivre Johnny. Commence à aller le voir en concert, d'abord dans la Grande Région, puis plus loin. Notamment en 2009, sur la tournée «Tour 66» et, encore plus, en 2015 sur «Rester vivant». «Il avait failli mourir. Je voulais en profiter au maximum, voir plein de choses».

300 vinyles, des CD, des DVD...

Parmi les souvenirs qu'il conserve de la star, un hand-check, en 2015, au Galaxie d'Amnéville, un concert à la Rockhal, mais surtout les deux concerts dans la salle des Étoiles de la prestigieuse Société des bains de mer, à Monaco. «C'était féerique, dans une petite salle, avec 500 personnes, dans une ambiance comme il n'y en a eu nulle part ailleurs». Devant 500 personnes ou 700 000, comme à la tour Eiffel, où était aussi Renaud, Johnny restait une bête de scène. «Même quand il ne te fixait pas toi, depuis la scène, tu avais l'impression qu'il chantait pour toi. Il avait quelque chose d'animal, une prestance exceptionnelle».

Des qualités que le chanteur a su garder au fil de sa carrière. «Il a toujours su remonter, s'adapter à son temps, toucher toutes les générations», explique Renaud. Qui confesse une préférence pour la période années 70 de Johnny. «Il y avait de bonnes reprises US, et un très bon album, «Flagrant Délit», sous la plume de Philippe Labro. Et puis de très bons rock comme «Gabrielle» ou «Ma jolie Sarah», qu'il chantait toujours de temps en temps sur scène, et que le public attendait».

Fan, Renaud l'est aussi chez lui. Il y a accumulé une belle collection. Outre divers objets consacrés à Johnny, «j'ai tous ses albums en vinyle, ça doit représenter environ 300 vinyles. J'ai aussi une centaine de CD et 200 DVD, avec des choses hors commerce, comme des rush, des pubs etc. qu'on s'échange entre fans», énumère Renaud. La communauté dans laquelle les objets à l'effigie de Johnny circulent est soudée. «Des amitiés se font au gré des tournées, sur lesquelles on voit souvent les mêmes têtes». Une communauté qui restera sans doute soudée dans le deuil, comme si c'était un bon copain ou un membre de la famille qui est parti, ce mercredi matin.

(JW/L'essentiel)