07 janvier 2015 14:50; Act: 07.01.2015 15:02 Print

L'attentat «n'a rien à voir avec l'islam»

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a condamné mercredi «avec la plus grande détermination un acte barbare», «contre la démocratie et la liberté de la presse».

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L'instance représentative de la première communauté musulmane d'Europe, forte de 3,5 à 5 millions de membres, a réagi dans un communiqué au nom des «musulmans de France». Son président, le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, devait se rendre sur les lieux du drame en début d'après-midi, a précisé son entourage. Un attentat perpétré à Paris dans les locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo par deux hommes cagoulés et lourdement armés a fait au moins douze morts, mercredi en fin de matinée. Selon des témoins, les agresseurs ont crié «nous avons vengé le Prophète!», a affirmé une source policière. «Cet acte barbare d'une extrême gravité est aussi une attaque contre la démocratie et la liberté de presse», écrit le CFCM, qui exprime sa «solidarité» aux victimes et à leurs familles «face à ce drame d'ampleur nationale».

«Dans un contexte international politique de tensions alimenté par les délires de groupes terroristes se prévalant injustement de l'islam, nous appelons tous ceux qui sont attachés aux valeurs de la République et de la démocratie à éviter les provocations qui ne servent qu'à jeter de l'huile sur le feu», poursuit le Conseil. L'instance appelle en outre «la communauté musulmane à faire preuve de la plus grande vigilance face aux éventuelles manipulations émanant de groupes aux visées extrémistes quels qu'ils soient». Dans un communiqué distinct, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, a condamné «de la manière la plus ferme cette attaque criminelle et ces horribles meurtres». L'imam de Drancy a de son côté estimé que l'attentat «n'a rien à voir avec l'islam, ils ont vendu leur âme. Nous pleurons tous».

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a pour sa part déclaré à l'AFP: «C'est le temps du deuil, on doit se rassembler tous». «On a besoin de ce temps d'union nationale et de défendre tous ensemble nos libertés, dont la liberté d'expression», a poursuivi le chef religieux de la première communauté juive d'Europe, forte de 500 000 à 600 000 membres. «Ensuite il faudra une réponse forte du gouvernement, car c'est la force légitime qui domine la violence dans une société démocratique», a plaidé le grand rabbin Korsia. «On veut nous enfermer dans la peur, c'est l'espérance qui nous consolera».

(L'essentiel/AFP)