Affaire Maëlys

04 décembre 2017 22:35; Act: 04.12.2017 22:48 Print

L'avocat de l'accusé lance une contre-​​attaque

Quatre jours après la mise en examen de son client pour meurtre, l'avocat de Nordahl Lelandais a lancé une violente charge contre les arguments de l'accusation.

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Parole à la défense. Quatre jours après le «réquisitoire télévisuel» du procureur de Grenoble, l'avocat du suspect dans l'affaire Maëlys est sorti de son silence lundi, pour contredire formellement l'accusation. «Chronologie impossible», propos «contraires à la vérité du dossier pénal», «insulte à la justice»: Me Alain Jakubowicz n'a pas mâché ses mots sur BFMTV. À l'issue d'une journée d'interrogatoire du suspect par les juges d'instruction, le magistrat du parquet avait annoncé la mise en examen pour meurtre de Nordahl Lelandais, un ex-militaire de 34 ans soupçonné d'avoir enlevé la fillette de neuf ans lors d'un mariage dans la nuit du 26 au 27 août à Pont-de-Beauvoisin, en France.

Le procureur, après avoir rappelé le principe de la présomption d'innocence, avait détaillé la chronologie de la soirée durant laquelle Maëlys a disparu, telle que les enquêteurs l'ont établie en recoupant témoignages, expertises téléphoniques et bandes de vidéosurveillance. Mais selon l'avocat, cette chronologie est «impossible». «Toute l'accusation repose sur ce postulat que la petite disparaît à 2h45», a souligné Me Jakubowicz. Selon lui, «à 2h45, la petite Maëlys est avec ses grands-parents au mariage», ils lui demandent de rentrer avec eux et elle veut rester. Un témoignage «confirmé par la sœur de la grand-mère». «À 3h, il y a une vague de départ d'invités et Maëlys est dans la salle. Maëlys n'a pas disparu. À 3h15, le cousin de la mère de Maëlys quitte le mariage et la croise et lui parle», a poursuivi Me Jakubowicz, qui déplore que tous ces témoins soient «passés par perte» par le parquet.

Autre point d'attaque pour l'avocat: la vidéo de la voiture appartenant possiblement au suspect, qui ne montre pas Maëlys à ses yeux. Il rappelle que la fillette avait les cheveux attachés contrairement à ceux de la «silhouette», que la robe blanche que l'on aperçoit sur le siège passager présente un décolleté «de femme, profond, jusqu'à la naissance de la poitrine et carré», une forme différente de celle de la fillette. «Vous faites passer cet homme pour un monstre», alors que «dans le dossier, il n'y a pas l'ombre d'un soupçon de commencement d'élément qui pourrait laisser penser qu'il ait ne fût-ce qu'un penchant pédophile».

(L'essentiel/AFP)