En Corse

06 février 2018 19:46; Act: 07.02.2018 11:16 Print

La femme d'Yvan Colonna interpelle Macron

Emmanuel Macron a été interpellé, mardi, dans une rue d'Ajaccio, par la femme d'Yvan Colonna, condamné à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac.

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«Bonjour, je suis la femme d'Yvan Colonna», a déclaré Stéphanie Colonna, en approchant le président à la sortie du musée Fesch qu'il venait de visiter au premier jour de sa visite en Corse. «Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi (NDLR: il est incarcéré à Arles, dans les Bouches-du-Rhône). S'il vous plait, faites quelque chose (...) Ce n'est pas un animal, c'est un être humain», lui a-t-elle dit. Yvan Colonna a épousé Stéphanie en 2011 en prison. «Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer», lui a répondu Emmanuel Macron.

La femme d'Yvan Colonna s'est dit alors «choquée» par les propos du président excluant toute amnistie pour les prisonniers corses, le matin même dans son discours en hommage au préfet Erignac, assassiné il y a juste vingt ans à Ajaccio. «Personne n'oubliera ce qui s'est passé» et «je ne parle pas d'amnistie» pour Yvan Colonna, a précisé Mme Colonna. «Vous me regardez dans les yeux, je ne vous mens pas», répond-il.

À l'issue de cet échange, Stéphanie Colonna est repartie, son fils dans les bras. Emmanuel Macron devait rencontrer dans la soirée les deux dirigeants nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. Yvan Colonna, 57 ans, avait été interpellé en juillet 2003, après quatre ans de cavale dans le maquis corse. Condamné à perpétuité le 13 décembre 2007 puis à la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans en appel en 2009, il a été condamné une troisième fois à la perpétuité (sans période de sûreté) en 2011 après l'annulation par la Cour de cassation du verdict d'appel pour vice de forme.

(L'essentiel/AFP)