Attentats de Paris

29 juin 2018 10:25; Act: 29.06.2018 12:03 Print

Le message glaçant d'Abdeslam aux victimes

L'unique survivant du commando terroriste du 13 novembre s'est exprimé longuement devant un juge d'instruction, jeudi. Un monologue qui fait froid dans le dos.

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D'habitude très silencieux, Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre 2015, s'est montré bavard, jeudi. Lors de sa septième audition devant un juge antiterroriste, l'homme a justifié les attaques perpétrées ce soir-là à Paris, affirme la radio RTL vendredi. Le suspect-clé des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis a commencé par confirmer son souhait de ne pas avoir d'avocat, puis a indiqué s'en remettre à Allah. Sans jamais s'excuser, le terroriste s'est lancé dans une longue tirade pour justifier les attaques.

Dans un premier temps, Abdeslam s'en est pris à Emmanuel Macron, «dont la soif de puissance et de renommée appelle à faire couler le sang des musulmans», a-t-il estimé, avant de s'adresser aux victimes: «Nous ne vous attaquons pas parce que vous mangez du porc, vous buvez du vin ou vous écoutez de la musique, mais les musulmans se défendent contre ceux qui les attaquent», a-t-il déclaré.

«Mettez votre colère de côté et raisonnez quelques instants»

Sans empathie ni compassion, l'unique survivant du commando du 13 novembre a poursuivi, toujours en s'adressant aux victimes: «Mettez votre colère de côté et raisonnez quelques instants, vous ne subissez que les erreurs de vos dirigeants». Salah Abdeslam est resté environ une heure dans le cabinet du juge, jeudi, une semaine après son hospitalisation pour une appendicite.

Arrêté le 18 mars 2016, dans la commune bruxelloise de Molenbeek, après quatre mois de cavale, il avait été mis en examen à Paris, le 27 avril 2016, notamment pour assassinats terroristes. Mais les juges ont été, depuis, confrontés à son refus de répondre aux questions. Totalement silencieux jusqu'à son cinquième interrogatoire en novembre 2017, Salah Abdeslam n'avait finalement pris la parole qu'une seule fois devant eux, le 9 mars, pour dédouaner un suspect lors d'une confrontation.

(L'essentiel/afp)