Achat de 40 Skylander

07 février 2012 15:30; Act: 07.02.2012 17:02 Print

Les Russes pourront-ils payer leur commande?Les Russes pourront-ils payer leur commande?

CHAMBLEY - La société russe Aviamost, qui s'est engagée pour l'achat de 40 Skylanders, est à la recherche de solutions de financements pour honorer sa promesse d'achat.

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L'annonce le 25 janvier par Geci de la commande de la société russe avait fait bondir le titre de Geci International et de Geci Aviation à la Bourse de Paris, à tel point que les cotations avaient été suspendues. Deux jours plus tard, l'État français annonçait investir 60 millions d'euros dans le projet d'avion de transport à hélices Skylander, dont les besoins sont estimés à 100 millions d'euros, selon une source proche du dossier. «Nous essayons d'inclure (notre projet) au sein du programme d'État de développement (de l'aviation régionale en Russie). Par ailleurs, une série de banques sont intéressées. Nous préparons actuellement l'argumentaire économique et le 30 mars au plus tard, la question du financement de ce projet doit être réglé», a expliqué Viktor Medvedev, directeur général d'Aviamost.

Le gouvernement russe, face à la vétusté des appareils petits porteurs en Russie, a annoncé le lancement d'un plan pour financer l'achat d'avions destinés à équiper les compagnies régionales russes. Aviamost compte notamment sur le fait que les autorités russes ont émis fin janvier un décret prévoyant que l'État subventionnera à hauteur de 30% l'acquisition d'avions de moins de 20 places. M. Medvedev a indiqué chercher à faire inscrire les Skylander sur la liste des avions qui pourront bénéficier de cette aide de l'État russe, sans cacher que la tâche serait ardue, la Russie souhaitant en premier lieu commander des avions de fabrication nationale.

«Quand le premier avion décollera, ça deviendra plus facile de respirer»

Le Skylander est aussi en concurrence avec l'avion canadien de Viking air, le Twin Otter et des appareils américains. «Je suis convaincu que (l'appareil français) est la meilleure option», a souligné M. Medvedev. Le prix, hors option, du Skylander est de 6,5 millions d'euros par unité, soit au moins 260 millions d'euros pour 40 exemplaires et plus de 1,95 milliard si l'option était levée. M. Medvedev a expliqué, sans donner de montants, que les structures qui investiront avec lui dans l'achat de ces appareils «deviendraient copropriétaires» de son entreprise jusqu'à leur remboursement. Selon lui, une dizaine de compagnies aériennes russes sont déjà intéressées par les 40 premiers avions que Geci doit produire.

M. Medvedev souligne que si «c'est rentable», les 260 appareils suivants seront assemblés en Russie. Geci, de son côté, doit adapter son projet Skylander aux conditions russes. L'avion devra notamment pouvoir voler par -55 °C (contre -40 °C dans le projet actuel) et être capable de se poser là où il n'y a ni pistes ni routes, la Russie manquant d'aérodromes. Aviamost s'occupera de faire traduire toute la documentation technique, certifier l'avion en Russie, former les équipages et d'assurer la maintenance. «Quand le premier avion décollera, ça deviendra plus facile de respirer», relève M. Medvedev, selon qui le premier Skylander doit voler entre novembre 2012 et février 2013.

(L'essentiel Online/AFP)