Attentats du 13 novembre 2015

07 novembre 2017 09:28; Act: 07.11.2017 10:34 Print

Les juges veulent l'extradition de Dahmani

Les juges chargés de l'enquête des attentats du 13 novembre 2015 ont demandé à la Turquie la remise d'Ahmed Dahmani, soupçonné d'être un logisticien de la cellule jihadiste.

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Dahmani s'était envolé pour la Turquie depuis Amsterdam, le 14 novembre 2015 au matin, au lendemain des attentats. (photo: AFP)

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Les magistrats français, qui enquêtent sur le réseau responsable des attaques de Paris et Saint-Denis (130 morts), ont émis le 23 mai un mandat d'arrêt international en vue de la mise en examen de ce Belgo-Marocain de 28 ans, condamné en Turquie pour jihadisme, selon des sources proches du dossier. Au total, une quinzaine de suspects sont mis en examen ou visés par un mandat d'arrêt des autorités françaises dans cette enquête tentaculaire.

Ahmed Dahmani est un petit délinquant radicalisé originaire de Molenbeek, commune de l'agglomération bruxelloise où il côtoyait de près deux des principaux protagonistes de l'enquête: Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos parisiens, et Mohamed Abrini, «l'homme au chapeau» des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 (32 morts). Dahmani s'était envolé pour la Turquie depuis Amsterdam le 14 novembre 2015 au matin, au lendemain des attentats et deux jours avant son placement sous surveillance électronique dans un dossier de droit commun. Une semaine après son arrivée, il avait été arrêté à Antalya en même temps que deux passeurs, Muhammed Verde Dibo et Ahmet Tahir, qui tentaient de l'exfiltrer en Syrie.

Avec Abdeslam en Grèce

En 2016, tous trois ont été condamnés par la justice turque à 10 ans et neuf mois de prison pour appartenance à une organisation terroriste et pour usage de faux. Les deux passeurs étaient aussi en contact avec Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France entrés en Europe dans le flux des migrants, ainsi qu'avec deux autres suspects, désormais poursuivis et détenus en France, selon une des sources proches du dossier.

Trois mois avant les attentats, le 4 août 2015, Salah Abdeslam avait été contrôlé en Grèce alors qu'il embarquait sur un ferry pour l'Italie, en compagnie d'Ahmed Dahmani. Les centaines de contacts révélés par leurs téléphones ont confirmé leur proximité. L'enquête a établi qu'Abdeslam, détenu en France et muré dans le silence, a convoyé par la suite une dizaine de membres de la cellule jihadiste, entrés en Europe par la Grèce en suivant la route des migrants.

Avec Abrini à Zavntem

Autre élément incriminant à l'encontre de Dahmani, selon une source proche de l'enquête, un papier retrouvé à son domicile lors d'une perquisition pour un vol de voiture en septembre 2015. Le document comportait l'adresse et les horaires du magasin en France où Abdeslam a acheté des produits entrant dans la confection d'explosifs TATP. Un drapeau islamique et des documents de propagande salafiste avaient également été retrouvés lors de cette perquisition.

Devant les enquêteurs belges, Abrini, filmé transportant un sac d'explosifs à l'aéroport bruxellois de Zaventem juste avant l'attentat dans le terminal, a décrit Dahmani comme un ami d'enfance. Ce dernier l'avait déposé à l'aéroport en juin 2015 lorsque «l'homme au chapeau» était parti en Syrie. Selon Abrini, le soir du 13 novembre, ils étaient ensemble dans un café à regarder un match de foot.

(L'essentiel/AFP)