Affaire Benalla

25 juillet 2018 11:52; Act: 25.07.2018 11:55 Print

Macron et son «bras d'honneur aux Français»

«Qu'ils viennent me chercher»: les explications d'Emmanuel Macron sur les sanctions prises dans l'affaire Benalla ont fâché l'opposition, qui dénonce une provocation du président.

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Le chef de l'État est sorti mardi de son silence, près d'une semaine après la diffusion de la vidéo montrant Alexandre Benalla, un chargé de mission à l'Élysée, malmener deux jeunes gens en marge des violentes manifestations du 1er mai. «S'ils cherchent un responsable, il est devant vous. Le seul responsable, c'est moi et moi seul. Qu'ils viennent me chercher. Je réponds au peuple français», a-t-il dit devant les parlementaires de La République en marche.

«C'est une sorte de bras d'honneur qu'il a fait hier soir, un bras d'honneur vis-à-vis de l'opposition quand il dit "qu'ils viennent me chercher", un bras d'honneur vis-à-vis des journalistes, de la presse, un bras d'honneur vis-à-vis des Français parce que, en réalité, il devait s'exprimer non pas devant sa cour, non pas en entre-soi et ne devait pas en réserver la primeur seulement aux siens», a déclaré sur France 2 le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau.

Un président «qui assume»

Le député La France insoumise, Alexis Corbière, adopte la même expression mais demande, lui, que le président vienne devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. «"Qu'ils viennent me chercher'" dit le président devant son cercle de députés fidèles. Il ne viendra donc pas de sa propre volonté s'expliquer? C'est un bras d'honneur au Parlement et au peuple!», a-t-il déclaré sur Twitter. Pour Philippe Bas, président Les Républicains de la commission des Lois au Sénat, c'est bien devant les Français qu'Emmanuel Macron aurait dû s'exprimer.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a vu une contradiction entre la responsabilité assumée par Emmanuel Macron, des sanctions prises début mai, contre Alexandre Benalla, dont une suspension de deux semaines, et le témoignage de son directeur de cabinet, Patrick Strzoda, qui a dit, mardi, devant la commission d'enquête, avoir pris la décision. Le chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, y voit le signe de l'«arrogance» du président.

Mais pour la majorité, Emmanuel Macron a eu raison de dire qu'il n'était responsable que devant le peuple. «On a un président de la République qui assume et je trouve ça extrêmement positif», a dit mercredi sur BFM TV Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics.

(L'essentiel/afp)