Énergie solaire

07 avril 2017 17:04; Act: 07.04.2017 18:31 Print

Après «Solar Impulse», voici «Energy Observer»

Équivalent sur mer de l'avion «Solar impulse», le premier navire autonome en énergie, propulsé à l'hydrogène et aux renouvelables, a été présenté vendredi, à Saint-Malo.

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Le catamaran de 30,5 m de long pour 12,80 m de large est le premier bateau au monde capable de produire son propre hydrogène par électrolyse, à partir de l'eau de mer, grâce au couplage des énergies renouvelables, ont expliqué les porteurs de projet, le navigateur Victorien Erussard et l'homme d'images Jérôme Delafosse, tous deux originaires de Saint-Malo. «Ce bateau est un smart greed (NDLR: réseau électrique intelligent) flottant», a résumé Victorien Erussard, 38 ans, qui travaille sur ce projet depuis 2013.

La palette des moyens de production d'énergie embarqués est impressionnante: 130 m² de panneaux photovoltaïques, 2 éoliennes à axe vertical, une aile de traction intelligente qui alimenteront deux moteurs électriques convertibles en hydrogénérateurs. Au plan technologique, le CEA-LITEN (Grenoble) a développé la pile indispensable pour transformer l'hydrogène en énergie. Ce laboratoire «nous a donné la crédibilité technique et scientifique pour ce projet», a souligné Victorien Erussard. L'hydrogène est obtenue à partir de l'eau de mer grâce à un électroniseur, après dessalinisation. Elle est ensuite stockée et utilisable en cas d'une production insuffisante provenant des équipements d'énergie renouvelable du bateau.

«Ce bateau se veut un symbole de la mixité énergétique (...) Pour pallier aux problèmes d'intermittence (du renouvelable), on a l'hydrogène qu'on peut stocker en amont», a insisté Victorien Erussard. L'hydrogène contient jusqu'à trois fois plus d'énergie par unité de masse que le gazole et 2,5 fois plus que le gaz naturel. De plus, sa combustion ne rejette ni CO2 ni particules fines. L'idée du projet est née de l'aventure de «Solar Impulse», l'avion solaire expérimenté par le Suisse Bertrand Piccard. «J'avais parlé du projet à Nicolas Hulot qui m'avait encouragé à m'intéresser à l'hydrogène», a rappelé le navigateur et officier de marine marchande.

Nicolas Hulot est le parrain du navire, en compagnie de Florence Lambert, directrice du CEA-LITEN, laboratoire d'innovations pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux. Après une série d'étapes en France jusqu'à la fin de l'année, le navire, «une plateforme expérimentale testée en milieu extrême de l'équateur aux pôles», appareillera pour une «odyssée du futur» de six ans: un tour du monde de 101 étapes sans émission de CO2 avec «pour objectif de partir à la découverte de solutions pour un futur plus propre», a développé Jérôme Delafosse, le chef d'expédition, 45 ans.

(L'essentiel/AFP)