Paris

22 décembre 2018 20:10; Act: 22.12.2018 20:19 Print

Arrestation musclée d'un leader des «Gilets jaunes»

La manifestation des «gilets jaunes» a drainé moins de protestataires que d'habitude, samedi à Paris et dans le reste de la France.

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A trois jours de Noël, l'«acte VI» des «gilets jaunes» rassemblait samedi plusieurs dizaines de milliers de manifestants à travers le pays, en baisse par rapport au samedi précédent, avec des défilés épars, la poursuite de barrages routiers et quelques blocages aux frontières.

En début d'après-midi, le ministère de l'Intérieur dénombrait 23 800 manifestants à travers le pays, contre 33 500 samedi dernier à la même heure. Dans la nuit de vendredi à samedi, une dixième personne est décédée en marge du mouvement: un automobiliste qui a percuté un camion bloqué à un barrage filtrant de «gilets jaunes», à l'entrée d'autoroute de Perpignan-sud.

A Paris, pour ce sixième samedi consécutif de mobilisation, la préfecture dénombrait 2 000 manifestants peu avant 16h, contre près de 4 000 à son maximum samedi dernier selon une source policière. Vers 20h, 223 personnes avaient été interpellées au niveau national, dont 81 placées en garde à vue. Rien qu'à Paris, 109 personnes ont été interpellées et sept placées en garde à vue dans ou en marge des manifestations, la plupart pour des «attroupements en vue de commettre des violences».

Parmi les gardés à vue figure un des porte-voix des «gilets jaunes», Eric Drouet, 33 ans, chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne) qui avait contribué à lancer la mobilisation contre la hausse des carburants en novembre. C'est aussi lui qui avait appelé ce matin sur Facebook à se rassembler à Montmartre. Le trentenaire a été arrêté par la police dans le quartier des Champs-Élysées en début d'après-midi. L'interpellation a été filmée et diffusée en direct sur les réseaux sociaux (voir vidéo ci-dessus).

«Il a eu droit à quelques coups de pied»

Selon une source judiciaire citée par Franceinfo, il est retenu pour trois raisons: organisation illicite d'une manifestation sur la voie publique, port d'arme prohibé, et participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations.

Sur BFMTV Laetitia Dewalle, porte-parole des «Gilets jaunes» du Val-d'Oise, a raconté l'interpellation d'Éric Drouet en marge de la mobilisation des gilets jaunes à Paris ce samedi. «On a tous été surpris par la violence des forces de l'ordre. Il s'est retrouvé à terre et il a eu droit à quelques coups de pied et du gazage à bout pourtant. J'ai passé l'après-midi avec lui, je pense que s'il avait eu une matraque je m'en serais rendu compte», a-t-elle déclarée.

Les manifestants, encadrés par des forces de l'ordre, ont ensuite quitté le XVIIIe arrondissement pour défiler dans le centre de la capitale, se séparant en groupes épars de dizaines de personnes déambulant sans itinéraire, parfois bloqués par les forces de l'ordre ou repoussés à coups de gaz lacrymogènes.

Des «gilets jaunes» manifestaient encore sur les Champs-Élysées, mais loin des images d'avenue en état de siège d'il y a quelques semaines. La circulation y était relativement normale. Cafés, restaurants et magasins étaient ouverts, sauf quelques boutiques de luxe.

«Des miettes aux gueux»

Plusieurs blocages aux frontières avec l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne ont été observés, après un appel en ce sens de certaines figures du mouvement. Des manifestations de «gilets jaunes» perturbent aussi le trafic routier.

Des centaines de «gilets jaunes» sont rassemblés au péage du Boulou près de la frontière espagnole, a constaté l'AFP. «Le roi Macron donne des miettes aux gueux», pouvait-on lire sur des banderoles de manifestants.

Un pantin à l'effigie du président Emmanuel Macron a été décapité vendredi soir lors d'une manifestation de «gilets jaunes» à Angoulême, d'après la préfecture de Charente. Quelque 80 «gilets jaunes» se sont rassemblés samedi midi devant la maison de Brigitte et d'Emmanuel Macron au Touquet, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui tentaient de forcer le dispositif policier.

(L'essentiel/afp)