En France

23 août 2018 11:06; Act: 23.08.2018 14:54 Print

Un «déséquilibré» tue sa sœur et sa mère

Un homme ayant des «problèmes psychiatriques importants» a tué jeudi matin deux membres de sa famille et blessé grièvement une autre personne à Trappes, dans les Yvelines.

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La piste du différend familial est privilégiée. (photo: AFP)

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L'homme a été abattu par la police après avoir tué sa sœur et sa mère, jeudi matin. Cet acte a été revendiqué par le groupe État islamique (EI) mais dont les autorités tentent de déterminer s'il est bien terroriste. L'assaillant âgé de 36 ans a tué sa sœur et sa mère à coups de couteau, a-t-on appris de sources proche de l'enquête. Une troisième personne, gravement blessée, se trouvait entre la vie et la mort et a été héliportée pour être hospitalisée.

Appelées sur place, les forces de l'ordre ont vu à leur arrivée «deux personnes gisant au sol», a déclaré à la presse, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, arrivé à Trappes, peu après le dénouement de l'attaque. L'assaillant s'était retranché dans un pavillon où «il a tué sa mère» avant d'en sortir «avec un couteau» et de «continuer à avancer malgré les sommations» des policiers, qui ont donc tiré et l'ont abattu, a ajouté M. Collomb.

«C'est un mec qui a pété les plombs»

Il avait «un problème psychiatrique qui apparaît important», et s'il était «fiché» pour avoir fait «l'apologie du terrorisme» en 2016, il présentait davantage le profil d'un «déséquilibré» que de quelqu'un «d'engagé» pouvant répondre aux «ordres et consignes» d'une «organisation terroriste, et de Daech (NDLR: acronyme arabe de l'EI) en particulier», a ajouté le ministre. L'attaque avait pourtant été rapidement revendiquée par l'EI, qui a affirmé via son organe de propagande que l'assaillant avait répondu aux «appels à cibler des ressortissants des pays de la coalition» militaire menée par les États-Unis qui combat l'EI en Irak et en Syrie, et dont fait partie la France.

Si l'EI a longtemps eu la réputation de ne revendiquer que des attentats qu'il avait organisés ou inspirés, sa fiabilité été mise en doute par des officiels et experts ces derniers mois après plusieurs revendications douteuses. Pour l'instant, le parquet de Paris «n'a pas retenu la qualification terroriste», a précisé M. Collomb. «On en saura plus quand on aura pu examiner son téléphone, son appartement etc, de manière à voir la nature du conflit qui pouvait exister au sein de la famille et ce que pouvaient contenir ces documents».

Dans le quartier en partie bouclé par la police, les témoignages recueillis semblaient renforcer l'hypothèse d'un différend familial. Selon plusieurs riverains, l'assaillant était séparé de sa femme et n'avait pas vu ses enfants depuis longtemps. Pascal, 59 ans, qui habite dans un immeuble voisin, dit bien connaître l'assaillant: «Je prenais souvent le café avec lui, ça faisait un mois que je l'avais pas vu». «On parle de terrorisme mais c'est pas un terroriste c'est un mec qui a pété les plombs», a-t-il estimé.

(L'essentiel/afp)