Professeur décapité en France

17 octobre 2020 19:40; Act: 17.10.2020 19:43 Print

Avant d'agir, l’assaillant a sollicité les élèves

Un professeur d’histoire-géographie dans un collège de banlieue parisienne a été décapité par vendredi, une dizaine de jours après avoir montré des caricatures de Mahomet.

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Un professeur, qui avait organisé un débat dans sa classe, a été décapité vendredi. (photo: AFP/Bertrand Guay)

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Le Russe d’origine tchétchène ayant décapité vendredi près de Paris un professeur qui avait organisé un débat dans sa classe où avaient été montrées des caricatures du prophète Mahomet, était présent légalement en France et bénéficiait du statut de réfugié, a expliqué samedi le procureur anti-terroriste.

Le jeune homme, né le 12 mars 2002 à Moscou, «était porteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en mars 2030 (...). De nationalité russe et d’origine tchétchène, il bénéficiait du statut de réfugié», a déclaré Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse. «Il était inconnu des services de renseignements», a-t-il ajouté, rappelant qu’il était en revanche connu des services de polices pour des faits de droit commun, mais jamais condamné.

Revendications sur Twitter

Il résidait à Evreux, dans un autre département, et M. Ricard n’a pas précisé s’il avait à un moment fréquenté le collège Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, où travaillait la victime.

Le magistrat a précisé qu’un message de revendication posté sur Twitter juste après le meurtre, faisant le lien avec Mahomet, émanait bien de cet individu. «Les investigations ont pu confirmer qu’il s’agissait bien d’un compte appartenant à l’auteur des faits», a-t-il déclaré.

Le magistrat faisait un point sur l’assassinat vendredi de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, décapité alors qu’il rentrait chez lui après sa journée de travail. «Selon les premiers témoignages, l'auteur des faits se trouvait devant le collège dans l'après-midi et avait sollicité des élèves afin qu'ils lui désignent la future victime», a déclaré le procureur selon Franceinfo.

Le magistrat a par ailleurs confirmé que dix personnes se trouvaient en garde à vue, dont le père d’une élève, qui avait désigné à la vindicte le professeur sur les réseaux sociaux. Il a précisé que «la demi-soeur de cet homme avait rejoint l’organisation Etat islamique en 2014 en Syrie et qu’elle fait à ce titre l’objet d’un mandat de recherche par un juge d’instruction anti-terroriste».

Depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France, qui a fait 259 morts avec ce professeur, plusieurs attaques ont été perpétrées à l’arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019, ou à Romans-sur-Isère en avril dernier.

(L'essentiel/cga/afp)