Affaire Grégory

29 juin 2017 10:24; Act: 29.06.2017 13:17 Print

«C'est Bernard L. qui a tué Grégory, j'étais avec lui»

VOSGES - Le mois dernier, une paroissienne a découvert un mot signé Murielle Bolle dans le registre de l'église de Lépanges-sur-Vologne. Incroyable révélation ou canular?

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L'histoire, rocambolesque, est à l'image de la démesure de l'affaire Grégory. Elle concerne Murielle Bolle, témoin-clé qui avait déclaré en 1984 avoir assisté à l'enlèvement de l'enfant. Celle-ci s'était rétractée par la suite, affirmant que les gendarmes lui avaient soutiré des aveux sous la contrainte. Aujourd'hui âgée d'une quarantaine d'années, la belle-sœur de Bernard Laroche a été arrêtée mercredi.

Fin mai 2017, dans l'église de Lépanges-sur-Vologne (dans les Vosges), le village où vivait la famille Villemin, une professeur de catéchisme se prépare avant d'accueillir les enfants qui suivront son cours. À l'entrée de l'église, trône un registre. Il s'agit d'une espèce de livre d'or dans lequel les paroissiens peuvent laisser un petit mot, allant de la prière aux remarques pratiques adressées au curé. Parmi les inscriptions, une attire tout particulièrement l'attention de la prof de catéchisme, raconte L'Est Républicain. Et pour cause, elle semble concerner directement l'affaire Grégory.

Sceptique, la paroissienne transmet le document à l'ancien maire du village, qui transmet le tout à la gendarmerie. Les militaires découvrent alors ce fameux mot, qui résonne comme une incroyable révélation: «C'est bien Bernard L. qui a tué Grégory, j'étais avec lui». Cette phrase est signée Murielle Bolle, l'adolescente rouquine qui avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé le petit garçon, avant de se rétracter sous la pression de sa famille.

L'ADN correspond... et puis non

L'hypothèse d'un canular de mauvais goût semble évidente, mais la gendarmerie prend l'affaire au sérieux. La section de recherche de Dijon, qui a relancé l'enquête sur cette affaire depuis quelques mois, est alertée. Elle fait appel à une pointure en matière d'expertise génétique, qui analyse la page du registre où la fameuse phrase a été rédigée. Près de la reliure, l'expert relève un mélange de six ADN différents. Et découverte incroyable: parmi eux figure bien celui de Murielle Bolle, recueilli par les autorités en 2009.

Le mot laissé dans ce registre serait donc bel et bien une confession inespérée, qui pourrait enfin mener les enquêteurs vers la vérité. Cette invraisemblable découverte mérite d'être vérifiée: l'ADN de Murielle Bolle est prélevé une seconde fois, le 14 juin dernier. Et là, c'est le coup de massue. L'ADN prélevé sur la page du livre d'or ne correspond pas à celui de la quadragénaire!

Pour les enquêteurs, ces deux résultats contradictoires sont incompréhensibles. La piste d'une mauvaise blague reste donc la plus plausible. Selon Le Figaro, parmi les six ADN prélevés sur le registre, figurait également celui d'un magistrat de Nancy, qui a eu affaire au dossier. Celui-ci aurait-il participé à ce canular d'un goût douteux? Dans cette affaire hors norme, la justice se passerait bien d'un énième rebondissement de ce genre.

(L'essentiel/joc)