Procès en France

24 octobre 2019 18:54; Act: 25.10.2019 12:38 Print

«C'est la colère qui m'a fait porter les coups»

Sophie Masala, jugée pour avoir tué sa collègue de bureau avant de la couper en morceaux, a affirmé jeudi se sentir «comme un monstre».

storybild

Le meurtre remonte au jeudi 12 mai 2016, dans l'appartement de la victime, dans le centre de Toulouse. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Sophie Masala, jugée aux assises à Toulouse pour avoir tué sa collègue de bureau Maryline Planche, avant de la couper en morceaux, a affirmé jeudi avoir tué sous le coup de la «colère» face à un «rejet», et se sentir «un monstre». Poussée dans ses retranchements par l'avocat de la famille de la victime, Me Georges Catala, l'accusée craque à la barre, au quatrième jour du procès. Lors de l'enquête, elle a reconnu les faits mais sans intention d'homicide.

«Maryline m'a poussée, je suis tombée sur le canapé, je me suis relevée, et je l'ai tapée avec une bouteille, je l'ai entraînée avec moi, et j'ai continué à taper. (...) J'étais en colère, c'est la colère qui m'a fait porter les coups», déclare cette mère de famille de 55 ans. Avant d'ajouter, entre deux sanglots: «Je suis un monstre, je me vois comme un monstre». «Je n'arrivais pas à faire comprendre à Maryline qu'il fallait que je l'aide. (...) J'ai pris ça comme un rejet, j'ai été blessée profondément, je n'ai pas maîtrisé mon émotion, c'est monté crescendo», dit-elle aussi.

«Mes mains la tenaient mais c'était pas moi qui le faisait»

Le meurtre remonte au jeudi 12 mai 2016, dans l'appartement de la victime, dans le centre de Toulouse, où Mme Masala l'attendait, après s'y être introduite en son absence. Devant la cour d'assises, l'accusée avait d'abord tenu des propos incohérents. Un murmure désapprobateur avait parcouru la salle quand elle avait annoncé son intention de plaider la légitime défense, affirmant avoir frappé Maryline Planche alors que cette dernière tentait de l'étrangler.

Sur la découpe du corps, avec une scie à métaux, elle invoque une sorte de dédoublement: «mes mains la tenaient mais c'était pas moi qui le faisait», dit-elle. Selon l'experte légiste, il lui aura fallu plusieurs heures pour démembrer sa victime, en six morceaux. «Il fallait une volonté féroce, une pugnacité exacerbée, pour arriver à ses fins», dénonce Me Catala.

Après le meurtre, Sophie Masala continuera de se rendre à son travail, faisant croire que la victime est toujours vivante en envoyant des SMS à partir de son téléphone, qu'elle lui a dérobé.

(L'essentiel/afp)