Affaire Griveaux

20 février 2020 07:39; Act: 20.02.2020 08:15 Print

Castaner règle ses comptes avec Faure

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a évoqué la vie privée d'Olivier Faure à la radio, sur fond d'affaire Griveaux. Le patron du PS dénonce une «faute grave».

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Le ton monte entre Christophe Castaner (à g.) et Olivier Faure. (photo: AFP)

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Une faute?

Le patron du PS, Olivier Faure, a accusé mercredi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, d'avoir «commis une faute grave», après que celui-ci a évoqué sa vie privée à la radio, sur fond d'affaire Griveaux. «Si mes propos l'ont blessé, je les regrette. Il n'y avait aucune menace», a affirmé M. Castaner, dans la soirée. Il a souligné que «l'un et l'autre», compagnons de route en politique durant plusieurs années, avaient «connu des moments difficiles dans (leurs) vies». «Nous étions côte à côte».

Les deux quinquagénaires se sont côtoyés pendant des décennies au Parti socialiste, des jeunesses rocardiennes aux arcanes de l'Assemblée nationale, où tous deux ont été élus pour la première fois en 2012. «Nos bureaux étaient côte à côte», a rappelé le ministre.

«Légèreté incroyable»

Après le départ de Christophe Castaner chez les marcheurs, Olivier Faure l'a d'abord ménagé au début du quinquennat Macron. Mais depuis quelques mois, les mots se font plus offensifs, plus aigres. Et mercredi, le Premier secrétaire du PS est allé jusqu'à demander à Emmanuel Macron «de convoquer le ministre de l'Intérieur, dans les meilleurs délais, et d'en tirer les conséquences».

Objet de son courroux: l'intervention dans la matinée de M. Castaner qui, sur France Inter, s'est dit «étonné des leçons de morale» d'Olivier Faure, «que je connais bien et que j'ai accompagné dans ses divorces et ses séparations». Une allusion directe à la vie privée du numéro un socialiste. Qui, la veille, avait lui-même dénoncé la «légèreté incroyable» de Benjamin Griveaux, l'ex-candidat LREM aux municipales de Paris, obligé de se retirer de la course après la diffusion de vidéos intimes.

Colère froide

La déclaration de M. Castaner a aussitôt déclenché un tollé à gauche, mais aussi à droite. Face à l'avalanche de critiques, M. Castaner, dans un message directement adressé à son ex-ami sur son Twitter, a tenu à préciser: «cher @faureolivier, il n'y avait ni menace ni attaque personnelle dans mon propos. Nous nous connaissons depuis assez longtemps pour savoir l'un et l'autre que la vie n'est pas linéaire. Et nous y avons quelquefois fait face ensemble».

Mais cette tentative d'explication du ministre n'a pas calmé le colère froide de son ancien ami. Lors d'une déclaration qu'il a voulue solennelle dans la salle des conférences de presse à l'Assemblée, M. Faure a dénoncé, quelques heures plus tard, «une faute grave» de la part du ministre. «Dès lors, il appartient au président de la République, garant de nos institutions, de convoquer le ministre de l'Intérieur dans les meilleurs délais et d'en tirer les conséquences», a souligné le patron du PS.

À droite aussi, les critiques ont fusé. «En attaquant Olivier Faure sur sa vie privée, Christophe Castaner fait la preuve de la bassesse dont est capable ce pouvoir qui dégrade chaque jour davantage le climat politique», selon Bruno Retailleau, président des sénateurs LR. Quelques jours plus tôt, après la publication de la vidéo à caractère sexuel de M. Griveaux, la classe politique, dans une rare unanimité, avait exprimé son indignation et appelé au «respect de la vie privée» des politiques.

(L'essentiel/afp)