Exposition en France

19 avril 2019 14:20; Act: 19.04.2019 14:35 Print

Ces objets du quotidien qui tuent des femmes

Couteau, cutter, marteau: les armes des féminicides ont été immortalisées dans le cadre d'une exposition à Paris.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Ça pourrait être un inventaire à la Prévert: couteau, cutter, tournevis, fer à repasser, ceinture de peignoir... Ces objets du quotidien ont servi à tuer des femmes, et leurs photos, exposées sur le parvis de la gare de l'Est à Paris, font froid dans le dos. «C'est censé être inoffensif, de l'ordre du foyer, et cela devient des armes de crime, ce que les spécialistes appellent des armes d'opportunité», explique la jeune photographe Camille Gharbi, 35 ans, auteure du projet «Preuves d'amour». Plusieurs millions de voyageurs verront jusqu'au 30 juin les photos grand cadre exposées par SNCF Gares et Connexions dans le cadre du festival Circulations. S'ils s'approchent, ils liront les prénoms des victimes, leur âge et la date du féminicide.

Zenash, 27 ans, a été étouffée le 27 novembre 2017 avec un coussin à Neuilly-sur-Marne, tout comme Nicole, 81 ans, à Grenoble le 29 octobre 2015 et Yvette, 91 ans, à Amiens la même année. Il n'y a pas d'âge ni de milieu social épargné. Les femmes sont le plus souvent victimes d'un ex-conjoint ou petit ami. L'arme à feu et le couteau sont de loin les armes les plus utilisées. Sur la photo des balles figurant les crimes par arme à feu, de longues listes de noms. Parfois, seulement la mention «femme», lorsque la victime n'a pas été identifiée dans l'article de presse qui a servi au recensement.

43 féminicides depuis le début de l'année -

Camille Gharbi s'est basée sur le relevé scrupuleux du site féministe «Féminicides par compagnon ou ex», qui relève déjà 43 victimes depuis le début de l'année. «J'ai calculé, cela fait une femme tous les 2,4 jours, c'est fou!», dit la jeune photographe. Des histoires de violences dans le couple parmi ses amies l'ont poussée à s'intéresser au sujet. «J'ai retenu 180 meurtres sur 253 féminicides commis en 2016 et 2017, et quelques-uns datant de 2015. Mais que montrer? Fallait-il représenter les coups, les mains, les tremblements? Les défenestrations, strangulations, asphyxies?», s'interroge alors la jeune femme.

«Un article que j'ai lu à Noël 2017 a été le déclencheur. Un magazine qui traînait chez ma grand-mère parlait d'une jeune femme qui s'était fait tuer à coups de cutter par son ex-copain. Pour moi, qui suis architecte avant d'être photographe, le cutter est un instrument familier, ça m'a frappé encore plus violemment». «Le cutter a été la porte d'entrée pour aborder le sujet avec la distance nécessaire, à travers la banalité des objets du quotidien», poursuit-elle. «Je ne voulais pas tomber dans l'écueil de la violence littérale, visuelle, ou dans la victimisation».

À Metz en avril

«Il y a souvent une image romanesque attachée à l'homicide conjugal, comme s'il s'agissait de passion», observe-t-elle. Les objets, froidement posés sur un fond blanc, tuent toute romance dans l’œuf. C'est bien de meurtre qu'il s'agit. Architecte de formation, Camille Gharbi s'intéresse depuis plusieurs années à des sujets «sociétaux». À coté de la photo d'architecture, elle développe ses projets personnels. Ses photos détourées des «cabanes» de la jungle de Calais ont été exposées à Venise, New York, au festival de photo de Montpellier, à Reims, Albi.

«La résilience m'intéresse, ces cabanes très inventives, parfois drôles, ont été construites par des gens qui ont tout perdu et qui trouvent la force d'ouvrir un commerce, une boulangerie». Les photos de «Preuves d'amour» sont exposées simultanément gare de l'Est et à Clermont-Ferrand, du 20 avril au 20 juin, ainsi qu'au festival «Photographie mon amour», à Metz, à partir d'avril et en septembre, au festival Manifesto de Toulouse. Elles seront aussi projetées début juillet lors des Rencontres de la photographie d'Arles.

(L'essentiel/nxp/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Boba le 19.04.2019 14:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dans les écoles les petites filles devraient avoir des cours obligatoires d'autodéfense ou d'arts martiaux pour mieux se défendre des attaques. Sinon elles seront toujours victimes des hommes violents malheureusement

  • 57 le 20.04.2019 08:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Mike vous dites les femmes veulent infiltrer des métiers d'hommes. Mais mon cher il n'y a ni métier d'homme ni métier de femme. Commençons par le commencement il y a des infirmiers, des hommes femme de ménage, des caissiers... Des femmes policiers, pompiers.... Mais l'article parle des femmes tués sous les coups de leurs maris point final.

  • Ben-J le 20.04.2019 09:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Seules les femmes décèdent, tout cela est très triste.

Les derniers commentaires

  • Ben-J le 20.04.2019 09:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Seules les femmes décèdent, tout cela est très triste.

  • 57 le 20.04.2019 08:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Mike vous dites les femmes veulent infiltrer des métiers d'hommes. Mais mon cher il n'y a ni métier d'homme ni métier de femme. Commençons par le commencement il y a des infirmiers, des hommes femme de ménage, des caissiers... Des femmes policiers, pompiers.... Mais l'article parle des femmes tués sous les coups de leurs maris point final.

  • Jacques le 19.04.2019 17:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Mike. Peut-être que vous vous posez les mauvaises questions.

  • @Mike le 19.04.2019 17:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vous connaissez beaucoup d'hommes qui n'ont pas la force physique pour se défendre? Moi pas. Si les femmes avaient la force nécessaire pour se défendre, elles le feraient et ne se laisseraient 'pas' tabasser. Mais elles n'ont pas le choix. Vous comparez l'incomparable. Si on a la force physique pour se défendre, alors qu'on le fasse.

    • Mike le 19.04.2019 17:24 Report dénoncer ce commentaire

      Oui mais en tant que policier j en croise beaucoup des hommes battus. Et je dis la vérité, est-ce que maintenant je devrais me taire? En plus les femmes veulent infiltrer notre métier d'hommes, à un moment on doit dire STOP

    • @Mike le 19.04.2019 18:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      En tant que policier vous enfreignez les règles auprès des forces de l'ordre!

  • Mike le 19.04.2019 16:00 Report dénoncer ce commentaire

    mon dieu parfois je me pose des questions en voyant ca en victimisant uniquement la femme. J'en ai vu des hommes refuser de porter plainte pour coups et blessures car ils étaient des hommes frappé par des femmes. En tant que policier j en croise beaucoup des hommes battus.

    • Hahaha le 19.04.2019 16:31 Report dénoncer ce commentaire

      Les hommes battus par les femmes, problème majeur de notre société et de l'humanité!

    • maryvonne le 19.04.2019 16:41 Report dénoncer ce commentaire

      Et moi Mike, je travaille comme assistante sociale et je vois tous les jours les ravages des femmes battues, plus encore de celles qui ne sont même pas auditionnées par la police et renvoyées chez elle en disant de se calmer ... D'ailleurs souvent il n'y a pas assez de femmes dans la police pour accueillir les femmes battues, croyez-moi!

    • Mike le 19.04.2019 16:51 Report dénoncer ce commentaire

      Oui d'accord mais c'est normal car la police est un métier d'hommes et si les femmes ne vont pas porter plainte, qui peut les obliger? Pas moi en tout cas. Et je suis honnête quand je dis que je vois plus d'hommes frappés par des femmes que le contraire!

    • Franco le 19.04.2019 17:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Cher Mike, il semble donc que tous les hommes soient des lâches. Les uns frappent les femmes et les autres n'ont pas le courage de faire une plainte si eux se font frapper. À qui la faute?