Affaire Vincent Lambert

24 mai 2019 07:47; Act: 24.05.2019 09:52 Print

«Cette décision est une escroquerie intellectuelle»

Jeudi, l'avocat d'un proche de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif, a dénoncé la reprise des traitements.

Les soins de Vincent Lambert ont repris.

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L'avocat du neveu de Vincent Lambert a qualifié jeudi d'«escroquerie intellectuelle» la décision de la cour d'appel de Paris ayant abouti à la reprise des traitements de ce patient en état végétatif, dénonçant un «détournement de procédure».

Lundi soir, la cour d'appel a demandé à l'État de respecter les mesures provisoires formulées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU (CDPH), ordonnant ainsi la reprise des traitements de l'ancien infirmier de 42 ans hospitalisé à Reims, effective mardi.

«Un registre totalement émotionnel»

Lors de l'audience, les avocats des parents de Vincent Lambert - opposés à l'arrêt des traitements - Me Jérôme Triomphe et Jean Paillot, ont montré aux trois magistrates de la cour une vidéo, présentée comme datant de dimanche, où la mère est au chevet de son fils. «Ne pleure pas», peut-on entendre sur l'enregistrement, diffusé le même jour sur le site de Valeurs actuelles.

«Le débat dans cette affaire était juste de savoir si l'avis du comité de l'ONU prévalait ou pas sur la loi française», a affirmé jeudi Me Gérard Chemla, avocat de François Lambert, favorable à l'arrêt des traitements. «Or, en visionnant la vidéo, ils (les magistrats) ne se sont plus posés» cette question mais «se sont positionnés en juges de l'opportunité de l'arrêt des soins (...) sur un registre totalement émotionnel, en dehors manifestement de leurs fonctions», a-t-il déploré, dénonçant «une faute majeure». «Cette décision est une escroquerie intellectuelle. Ils auraient dû s'interdire de regarder la vidéo».

Un énième recours demandé

De plus, ce visionnage «n'apparaît pas dans l'arrêt» de la cour. «On est dans un détournement de procédure évident», a-t-il encore affirmé. «Cela montre à quel point on est dans l'aberration judiciaire».

Me Chemla a indiqué avoir «fait le nécessaire pour qu'un recours se mette en place et soit régularisé la semaine prochaine». «Nous sommes nécessairement dans un temps long: au mieux cela va s'éclaircir dans les deux, trois mois qui viennent, au pire cela peut durer davantage», a-t-il précisé.

(L'essentiel/afp)