Procès en appel

16 octobre 2019 16:44; Act: 16.10.2019 17:03 Print

Cinq ans ferme pour la mère du «bébé du coffre»

Une peine de cinq ans de prison ferme a été prononcée mercredi, en appel à Limoges, à l'encontre de Rosa da Cruz, la mère de Séréna, le bébé dit «du coffre».

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La mère a été condamnée à cinq ans de prison en appel. (photo: AFP/Georges Gobet)

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La peine prononcée par la cour d'assises d'appel de la Haute-Vienne, après quatre heures de délibérations, est assortie d'un suivi sociojudiciaire de six ans, avec obligation de soins. Une peine de «pas moins de dix ans» de prison avait été requise contre la mère de l'enfant, qui a passé ses 23 premiers mois dans une voiture ou un sous-sol, à l'insu de tous.

«Parce que Séréna est détruite, vous ne pouvez pas la (sa mère) laisser repartir avec un blanc-seing», a déclaré l'avocat général Claude Derens à la cour d'assises d'appel de Haute-Vienne, l'invitant à sanctionner «plus lourdement» qu'en première instance.

Rosa da Cruz, 51 ans, qui comparaît détenue, avait en novembre 2018 été condamnée à cinq ans de prison dont trois avec sursis.

Une peine de huit ans de prison avait alors été requise par le parquet. Le parquet général avait par la suite fait appel, et Rosa da Cruz avait elle aussi ensuite fait appel, en particulier de la déchéance «totale» d'autorité parentale prononcée.

«Un enfermement constant, organisé (...) dans des conditions qui dépassent l'entendement»

«Je suis, au nom de la société (...) davantage sensibilisé par l'enfant sauvage que par celui qui l'a rendu sauvage», a lancé mercredi, l'avocat général, en convoquant dans son réquisitoire la référence à Victor de l'Aveyron, du film «L'Enfant sauvage» de François Truffaut (1970).

«Est-ce que (l'accusée) peut oblitérer le fait qu'il y a une petite infirme définitivement emmurée dans son silence?», a poursuivi M. Derens, constatant que l'infirmité permanente de Séréna est le résultat direct d'un «enfermement constant, organisé (...) dans des conditions qui dépassent l'entendement» pendant ses 23 premiers mois.

«Cet enfermement, c'est la violence superlative», a-t-il résumé, estimant que le procès en appel, en huit jours d'audience, n'a fait apparaître «aucun signe en faveur d'une déresponsabilisation» de Rosa da Cruz. Il a pointé des «stratégies d'évitement», des «dérobades», un «mode de défense» qui «se retranche derrière son impossibilité à nommer les choses».

Me Chrystèle Chassage-Delpech, avocate de Rosa da Cruz, a pour sa part plaidé l'acquittement.

(L'essentiel/afp)