Scandale à Paris

28 novembre 2019 13:21; Act: 28.11.2019 14:03 Print

«Des corps empilés, sans aucune dignité»

Un scandale éclabousse l’École de médecine Paris-Descartes. Des corps auraient été conservés de façon «indécente».

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«Locaux vétustes», «dépouilles putréfiées»... Accusé par L'Express de conserver dans des «conditions indécentes» les dépouilles des personnes ayant choisi de faire don de leur corps à la science, un centre spécialisé de l'Université Paris-Descartes a été immédiatement fermé, mercredi.

L'Université a présenté «ses excuses aux familles sur cette situation», et annoncé la mise en place d'un numéro, le 01 42 86 20 48, pour répondre à toutes les questions des familles de donneurs.

La «fermeture administrative provisoire» du centre du don des corps, ordonnée par la ministre de la Recherche, s'accompagne d'une mission d'inspection, afin «d'établir la réalité des faits» et «la marche à suivre» avant une réouverture du site «dans les meilleures conditions», selon le communiqué diffusé par l'Université. Cette mission est lancée «en accord» avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a tweeté la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal.

«Pas de moyens pour des travaux»

Dans son édition datée de mercredi, l'Express dénonce les «conditions indécentes» dans lesquelles ont été conservées dans ce centre les dépouilles de «milliers de personnes ayant fait don de leur corps à la science».

«Dans des locaux vétustes, les dysfonctionnements du centre et les problèmes de gestion ont eu une conséquence terrible: des dépouilles putréfiées, rongées par les souris, à tel point que certaines ont dû être incinérées sans avoir pu être disséquées», relate «L'Express».

«J'étais embarrassé»

Selon l'enquête de l'hebdomadaire, il y a eu «des corps empilés les uns sur les autres, sans aucune dignité et contrairement à toute règle éthique».

Cité dans cet article, l'ancien président de l'Université Frédéric Dardel (jusqu'en septembre) reconnaît avoir «fait des petites opérations de maintenance», mais qu'il n'avait «pas de moyens pour des travaux». «J'étais embarrassé», dit-il.

Ce centre parisien fondé en 1953, qui est le plus grand centre d'anatomie européen, accueille chaque année plusieurs centaines de corps donnés de son vivant volontairement à la science, souligne l'Université. Il joue un rôle primordial et indispensable pour la formation des chirurgiens et futurs chirurgiens, mais aussi pour le développement de nouveaux dispositifs médicaux (prothèse, matériel chirurgical) ou de nouvelles procédures opératoires.

(L'essentiel/afp)