En France

13 avril 2021 12:53; Act: 13.04.2021 13:57 Print

Des milliers de braseros pour sauver les vignes

Face aux vagues de froid, le monde agricole lutte d'arrache-pied mais prévoit une hausse mécanique des prix des fruits et une chute exceptionnelle de la production de vin en 2021.

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C'est déjà «probablement la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle», a déclaré lundi soir le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie sur le plateau d'Audition Publique (LCP-Public Sénat-Le Figaro). «Ce sont plusieurs centaines de milliers d'hectares - je dis bien centaines de milliers d'hectares - qui ont été impactés», a ajouté le ministre, tout en soulignant qu'il était trop tôt pour chiffrer, en euros, les dégâts. «En termes d'argent ce sera très significatif», a-t-il simplement dit.

M. Denormandie avait réuni plus tôt dans la journée, en visioconférence, une première «cellule de crise» sur ces gelées printanières qui ont touché 10 des 13 régions françaises, afin de coordonner la réponse gouvernementale. La réunion rassemblait les représentants des producteurs de vin, de fruits, de légumes et de céréales, mais aussi les assureurs, les banques, les chambres d'agriculture, la sécurité sociale agricole MSA, ainsi que des représentants des différents ministères (Matignon, Bercy, Travail).

Le Premier ministre Jean Castex avait promis «des enveloppes exceptionnelles» lors d'un déplacement en Ardèche ce week-end, au chevet des producteurs de fruits. Parmi les mesures envisagées: un recours facilité au chômage partiel, des allègements de charges patronales mais aussi, «vu l'ampleur des dégâts», la création d'un «fonds exceptionnel qui vienne compenser les pertes de revenu», a détaillé M. Denormandie.

Il sera notamment accessible aux viticulteurs. Ces derniers ont la possibilité de s'assurer et ne peuvent donc pas prétendre aux indemnisations du fonds des calamités agricoles. Or moins d'un tiers d'entre eux sont assurés. «Le ministre s'est fixé pour objectif que les premiers financements arrivent mi-juin/début juillet pour les arboriculteurs et producteurs de petits fruits», a rapporté la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, à l'issue de la réunion.

Les producteurs ne quittent pas les prévisions météo des yeux: le thermomètre menace de descendre sous zéro jusqu'à jeudi matin, relève Luc Servant, vice-président des Chambres d'agriculture. «Avec l'humidité, on peut avoir des gelées blanches et donc la formation de glace sur les plantes et donc on sait que ça peut faire du dégât à des températures plus faibles», explique-t-il.

À cette heure, le bilan est déjà lourd pour les viticulteurs, selon M. Servant: hormis les vignobles charentais de la région du Cognac et les vignes d'Alsace, «tous les autres vignobles ont été très durement touchés». Il se refuse toutefois à faire un pronostic sur l'ampleur des pertes, car une partie de la récolte peut encore être sauvée. «Il y a des vignobles où on parle d'une perte à 80%, d'autres, ça peut être de l'ordre de 50%, ça peut, peut-être, repartir. Il y a des bourgeons qui sont gelés, mais tous n'étaient pas sortis», estime-t-il.

«Par contre, sur les fruitiers où les fruits sont gelés, c'est sûr il n'y aura pas d'autre fleurs maintenant, c'est râpé», décrit, fataliste, M. Servant «Quand on parle sur la partie Sud-Ouest de 80% de pertes, ce sont des chiffres qui vont sûrement se retrouver jusqu'au bout», pense-t-il, tablant sur le même terrible ratio pour la vallée du Rhône et sur toute la partie Centre/Val-de-Loire.

S'agissant des grandes cultures, la betterave sucrière a souffert: «Plus de 10% des betteraves françaises ont été détruites par le gel», a rapporté lundi la CGB, syndicat des betteraviers.

Une seule certitude, selon le ministre de l'Agriculture: «Le consommateur aura beaucoup moins accès cette année à des abricots, des cerises, certains fruits» vu la faiblesse de la récolte qui s'annonce, "et «la rareté (...) de nos produits sera telle que probablement les prix s'en feront ressentir».

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Lucien Lux le 13.04.2021 14:34 Report dénoncer ce commentaire

    Quelle catastrophe. Courage aux agriculteurs on achètera même si c'est plus cher. Le niveau des commentaires de l'Essentiel: 0. Cultiver c'est plus difficile que de rouler en SUV ultra polluant.

  • Xavxav le 13.04.2021 13:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quelle news !!!! Ça date de plus de une semaine !!!!

  • Brut le 13.04.2021 15:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La déchéance intellectuelle, un vrai fléau !

Les derniers commentaires

  • ciyoen le 14.04.2021 03:46 Report dénoncer ce commentaire

    personnellement je m'en tape et des agriculteurs et de la pollution on nous bassine toute l'année avec pleins de choses on nous met toujours dans des situations de culpabilité avec tout alors je me concentre sur mon travail ma famille et mes prochaines vacances . a l'attaque les bobos donneurs de leçons

  • Quelle misère !!! le 13.04.2021 18:32 Report dénoncer ce commentaire

    De tout coeur avec eux.

  • taz RED le 13.04.2021 18:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    toi tu laisses tourné ta voiture 3minute t'a une prune.Eux rien... je polue sous prétexte économique les bâches ils connaissent pas....

    • @taz RED le 14.04.2021 08:37 Report dénoncer ce commentaire

      Parce que des bâches ça ne pollue pas, peut-être ? Vous imaginez la quantité de plastique nécessaire. De plus, il est normal de prendre une prune (!!!) si on laisse tourner son moteur SANS RAISON. Je ne vois pas le rapport à part le fait de refuser de suivre des règles de savoir vivre minimum.

  • Phi le 13.04.2021 16:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quelles pollution que pour le fric.

    • @Phi le 14.04.2021 08:44 Report dénoncer ce commentaire

      Quand les abricots coûteront 8€ le kilo cet été ne venez pas gueuler non plus. Vous trouvez anormal que les producteurs de fruits essayent de sauver à tout prix une année de travail, moi pas. Ce ne sont pas les quelques milliers de litres de pétrole brûlés qui font la différence. Si on vous prenait 80% de votre salaire (ou de votre chômage) vous diriez quoi ?

  • 123 le 13.04.2021 15:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et la les ecolos avec leurs voitures électriques on ne les entends pas sir ces milliers de bougies polluantes

    • @123 le 14.04.2021 08:46 Report dénoncer ce commentaire

      La pollution générée par ça est marginale. elle est simplement visible (des feux dans la nuit ça fait peuuur) mais vraiment marginale. Ne pas oublier que les fruits que nous voudrons manger en été (je me mets dans le lot) viendront de plus au sud tout simplement et là, la pollution sera peut-être pire