En France

07 juin 2019 15:58; Act: 07.06.2019 16:23 Print

Des steaks douteux offerts au nom de la charité

Des associations françaises d'aide aux démunis ont distribué de la viande de mauvaise qualité, fournie par une entreprise.

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Excès de gras, tissus de mauvaise qualité, amidon et soja: des steaks hachés de très mauvaise qualité ont été fournis en France à des associations d'aide aux plus démunis, une «tromperie» dénoncée vendredi, par la répression des fraudes. Si ces steaks hachés ne présentent pas de risque pour la santé, leur distribution a été immédiatement interrompue, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les steaks ont été distribués à quatre associations (la Croix Rouge, la Fédération française des banques alimentaires, les Restaurants du cœur et le Secours populaire) dans le cadre d'un marché financé par le Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD).

L'affaire, révélée par RTL, commence fin mars, lorsque plusieurs associations alertent les autorités sur l'aspect étrange des steaks fournis aux plus démunis. Les contrôles menés par la répression des fraudes sur une quarantaine d'échantillons sont sans appel: aucun ne respecte le cahier des charges du steak haché.

Dans ce produit censé contenir uniquement du muscle de bœuf, le seuil de gras était systématiquement dépassé et le rapport collagène/protéines dépassait également les normes. Lorsqu'il est faible, il indique un steak de bonne qualité. Des produits exogènes, comme de l'amidon et du soja, ont également été retrouvés.

Tromperie en bande organisée

«Le produit n'est pas dangereux, mais c'est un scandale de donner des denrées frauduleuses. C'est insupportable au regard des personnes que l'on sert», s'est émue Laurence Champier, directrice fédérale du réseau des banques alimentaires.

Ces faits susceptibles d'être qualifiés de tromperie en bande organisée peuvent valoir à leurs auteurs deux ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.

«C'est du pénal, on va transmettre au procureur et il est hors de question que ce type d'attitude se reproduise», a indiqué sur RTL Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, qualifiant cette fraude de «choquante et moralement inqualifiable».

Dans un communiqué commun, les quatre associations victimes de cette fraude ont annoncé «avoir demandé une compensation financière pour faire face aux frais de stockage engendrés par cette situation».

(L'essentiel/afp)