Justice en France

07 février 2014 17:53; Act: 07.02.2014 18:20 Print

Dieudonné relaxé après une vidéo polémique

Le polémiste était poursuivi pour un enregistrement dans lequel il appelait notamment à la libération du meurtrier d'un juif.

storybild

Dans la vidéo, Dieudonné dénonçait «le lobby juif». (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

L'enquête de police n'a pas «permis d'identifier l'auteur de la diffusion de la vidéo», rappelle le tribunal correctionnel de Paris. Il a donc estimé qu'il n'était pas démontré que Dieudonné ait été à l'origine de la diffusion de la vidéo litigieuse en avril 2010 et ne s'est pas prononcé sur les propos eux-mêmes. Dieudonné était poursuivi pour injure et diffamation en raison de l'appartenance à une communauté ou une religion, ainsi que pour apologie de crime d'atteinte volontaire à la vie.

L'avocat de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Stéphane Lilti, a annoncé qu'il ferait appel, espérant que la cour «sanctionne cet antisémite militant récidiviste comme il le mérite». «Le tribunal a récompensé la lâcheté de Dieudonné qui assume ses propos mais pas le fait de leur diffusion», a déclaré le président de l'UEJF, Sasha Reingewirtz. Selon lui, «cette décision confère une quasi-impunité aux propos tenus sur Internet et va entraîner une libération de la parole raciste et antisémite encore plus violente».

«Pour une fois, la XVIIe chambre a appliqué correctement les règles de droit», a de son côté réagi Me François Danglehant, avocat de Dieudonné. Dans la séquence vidéo, Dieudonné reprenait l'expression «Shoah-nanas», pour laquelle il a déjà été condamné en appel, le 28 novembre 2013. Il mettait également en cause «la puissance du lobby juif» et appelait enfin à la libération de Youssouf Fofana, condamné pour le meurtre d'Ilan Halimi, jeune juif séquestré, torturé et tué en 2006. Il avait tenu ces propos en réagissant au meurtre de Saïd Bourarach, un vigile retrouvé noyé en région parisienne, dont Dieudonné estimait qu'il n'avait pas eu la «chance» d'Ilan Halimi, mort dans les bras des secouristes.

(L'essentiel/AFP)