À Paris

16 juin 2020 16:27; Act: 16.06.2020 16:41 Print

Échauffourées en marge de la manif des soignants

Des incidents ont éclaté mardi après-midi à Paris, en marge de la manifestation des soignants. Gilets jaunes et Blacks blocs s'en sont pris aux force de l'ordre et aux soignants.

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Des échauffourées ont éclaté mardi à Paris, en marge de la manifestation des soignants, avec jets de projectiles auxquels les forces de l'ordre ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène, ont constaté des journalistes de l'AFP. Au moment où le cortège de soignants, parti du ministère de la Santé, arrivait sur l'esplanade des Invalides, la manifestation pour défendre l'hôpital a cédé la place à plusieurs centaines de manifestants habillés en noir, qui ont mis le feu à du mobilier urbain et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, aux cris de «tout le monde déteste la police».

Les forces de l'ordre ont répliqué avec de nombreux tirs de lacrymogène, avant que des CRS ne lancent plusieurs charges, dans un climat tendu et chaotique. Cette situation a créé la consternation parmi les soignants et leaders syndicaux, pris à partie par des gilets jaunes et des Black blocs. «Des groupes violents tentent de faire dégénérer la manifestation pacifique des soignants», a tweeté la préfecture de police, qui en a appelé «au calme et à la responsabilité des individus virulents».

«Vous avez mis notre manif en l'air, vous êtes des cons!»

Une infirmière, soutenue par des collègues, s'en est prise, en larmes, à ces manifestants: «Vous avez mis notre manif en l'air, vous êtes des cons!» «Un véhicule a été retourné et dégradé», a par ailleurs tweeté la préfecture de police, qui faisait état à 16h de 16 interpellations. Les soignants sont sortis en bloc: au moins 4 000 manifestants à Bordeaux et 3 500 à Marseille (selon la police), entre 2 600 et 5 000 (selon les syndicats) à Montpellier, mais aussi plusieurs milliers à Paris et Lyon. En tout, 220 cortèges étaient prévus en France.

Objectif: mettre à profit le soutien engrangé auprès de la population pendant la crise sanitaire afin d'obtenir des avancées pour les salariés des hôpitaux et des Ehpad, salués comme des «héros en blouse blanche» par le chef de l'État au début de l'épidémie. Les premiers gages de la «reconnaissance» promise par l'exécutif sont pourtant loin d'avoir convaincu les intéressés: «On ne veut pas de médaille ou de petite prime à la sauvette, on veut un salaire à la hauteur de ce que nos métiers apportent à la société», affirme Clara Grémont, aide-soignante près de Montpellier.

«La crise du coronavirus a montré les failles de notre système mais on a fait face, on n'avait pas le choix», explique Charlotte Dumont, infirmière puéricultrice à Bordeaux, pour qui «le problème de fond, c'est qu'on gère l'hôpital comme une entreprise». Une contradiction qui nourrit la colère de Michel Soulié, infirmier psychiatrique près de Grenoble: «On fait un travail de merde, ce n'est plus possible de continuer comme ça, il y a une vraie radicalisation qui s'installe chez les soignants».

(L'essentiel/afp)