Témoignage

04 janvier 2021 22:06; Act: 04.01.2021 22:52 Print

«En télétravail, je pleure devant mon ordinateur»

Certains y trouvent leur compte, mais pour d'autres le télétravail déployé massivement depuis mars face au Covid-19 et qui doit être assoupli en fin de semaine a des airs de «prison».

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Le télétravail ne convient pas à tout le monde.

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«Cinq jours sur cinq, c'est plus tenable!», tant physiquement, avec «des douleurs qui arrivent de partout» faute d'exercice, que psychologiquement, rapporte à l'AFP Claude (prénom modifié), salariée chez EDF dans la région lyonnaise. «J'ai l'impression d'être au bord de la dépression alors que j'ai jamais été comme ça. Je suis chez moi, je me mets à pleurer devant mon ordinateur», confie cette femme de 51 ans.

Depuis la fin octobre, le protocole sanitaire en entreprise impose le télétravail comme une règle en France, précisant qu'il doit être «porté à 100% pour les salariés qui peuvent effectuer l'ensemble de leurs tâches à distance».

À compter de jeudi, ce protocole sera adapté pour permettre aux salariés qui en éprouvent le besoin de revenir sur site, avec l'accord de leur employeur, une journée par semaine, la ministre du Travail Elisabeth Borne y voyant «un enjeu de santé publique», alors que beaucoup souffrent d'isolement.

«Plus aucune vie»

C'est le cas de Claude qui affirme qu'elle «ne peut pas continuer à vivre comme ça», n'ayant «plus aucune vie». «On prend l'image à l'heure actuelle d'un prisonnier: on a le droit de sortie, mais on vit la même vie que le prisonnier tout seul dans sa pièce», dit-elle, plaidant pour qu'on «laisse le choix» à ceux qui veulent retourner au bureau.

Si le télétravail, que beaucoup ont découvert avec le Covid, a fait des adeptes, le 100% fait beaucoup moins recette: selon un sondage Ifop publié début décembre et portant sur les salariés de Paris et sa petite couronne, ils ne sont que 8% à vouloir travailler exclusivement à distance.

Au Luxembourg, le Premier ministre Xavier Bettel a insisté avant les fêtes sur la nécessité de généraliser au maximum le télétravail afin d'enrayer la progression de l'épidémie de coronavirus: ««Le télétravail doit être renforcé et devenir la règle partout où cela est possible». Selon les estimations, environ 50% des travailleurs seraient en télétravail au Grand-Duché depuis le confinement du printemps.

(L'essentiel/afp)