En France

26 janvier 2017 12:14; Act: 26.01.2017 13:28 Print

Et si l'usine AZF avait bien été visée par un attentat?

Au procès en appel de la catastrophe survenue le 21 septembre 2001 à Toulouse, les prévenus ont encore tenté jeudi de contester la thèse d'un accident chimique.

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Les prévenus contestent toujours le scénario d'un accident chimique dans l'usine, dont l'explosion le 21 septembre 2001 à Toulouse a fait 31 morts et quelque 8 000 blessés. (photo: AFP)

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Les prévenus contestent le scénario d'un accident chimique dû à leur négligence. Serge Biechlin, ancien directeur de l'usine chimique, dont l'explosion le 21 septembre 2001 à Toulouse a fait 31 morts et quelque 8 000 blessés, a déroulé, pour la troisième fois, son argumentaire: l'accident chimique est «strictement impossible». Et il insiste en revanche lourdement sur les consignes de sécurité qu'il a données à ses équipes deux jours avant la catastrophe, en lien avec l'attaque contre le World Trade Center du 11 septembre: «Certains salariés sont rentrés chez eux en disant: "Le patron nous a dit qu'il allait y avoir un attentat"».

La piste terroriste est aussi évoquée par le représentant de la société Grande Paroisse, cette filiale de Total qui exploitait l'usine, et qui est poursuivie comme personne morale. Cette piste intentionnelle «n'a pas été explorée d'une manière aussi rapide» qu'il aurait fallu, estime Daniel Grasset. La défense reproche aux enquêteurs d'avoir immédiatement privilégié la piste de l'accident chimique, en négligeant les autres.

Autre piste, des résidus dans le sol

Le représentant de Grande Paroisse demande aussi à la cour d'appel de Paris, réunie jusqu'au 24 mai, de se pencher sur une explosion survenue en 2011 dans une usine proche du site AZF, imputable selon lui aux résidus dans le sol d'une ancienne poudrerie: «Nous souhaitons absolument (en) parler».

En première instance en 2009, le tribunal avait estimé que la cause la plus «probable» de l'explosion était le contact accidentel entre du nitrate d'ammonium et du chlore, rendu possible par une mauvaise gestion des déchets de cette usine à haut risque. Mais il avait prononcé une relaxe faute de «certitude».

(L'essentiel/AFP)