En Alsace

16 mars 2021 13:02; Act: 16.03.2021 14:44 Print

Il avait comparé les Allemands à des nazis

LAUTERBOURG - Le tribunal a condamné le maire de Lauterbourg, qui avait comparé les mesures prises par l'Allemagne lors de la 1re vague du Covid aux méthodes des nazis.

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Jean-Michel Fetsch s'est dit «navré de la tournure qu'ont pris les événements». (photo: Facebook)

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Le tribunal de Strasbourg a condamné, lundi, le maire de Lauterbourg (Bas-Rhin), qui avait comparé les mesures prises par l'Allemagne lors de la première vague du Covid-19 aux méthodes des nazis, à 2 500 euros d'amende pour «provocation publique à la haine», a-t-on appris mardi, auprès du tribunal.

Maire (sans étiquette) depuis 1995 de cette commune frontalière de 2 200 habitants, Jean-Michel Fetsch, 68 ans, avait publié un message sur Facebook, à la fin avril 2020, peu après la décision de Berlin de fermer la frontière. «Bientôt les Germains imposeront aux Alsaciens de mettre un signe distinctif sur la poitrine pour qu'ils soient reconnaissables de loin, cela ne vous rappelle rien?», avait-il écrit, avant d'évoquer «l'étoile jaune imposée sur les vestes des Juifs au temps des nazis».

Il concède avoir «peut-être été trop loin»

À l'audience, Jean-Michel Fetsch avait justifié ses propos par les circonstances particulières liées au confinement et aux contrôles imposés par les autorités allemandes, qui traitaient selon lui les travailleurs frontaliers français «comme des pestiférés». «La frontière à Lauterbourg Ville était bloquée. Personne ne m'avait mis au courant. J'ai vu des policiers allemands contrôler chez nous les papiers des passants, ils étaient armés», a-t-il avancé, selon les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Le maire de Lauterbourg s'est dit «navré de la tournure qu'ont pris les événements», concédant avoir «peut-être été trop loin». «Je suis franchement désolé si j'ai pu offenser l'un ou l'autre de mes concitoyens», a-t-il conclu. Sollicité par l'AFP, l'élu n'a pas souhaité s'exprimer. Sur Facebook, il a annoncé qu'il ne ferait pas appel de la décision. Le tribunal a également condamné Jean-Michel Fetsch à verser 500 euros, au titre du «préjudice moral», à SOS Racisme, à la Licra et au MRAP, qui s'étaient constitués parties civiles.

(L'essentiel/afp)