Attaque à Paris

10 septembre 2018 16:45; Act: 10.09.2018 17:19 Print

«Il avait les yeux exorbités comme s'il était en transe»

Une victime et des témoins de l'attaque survenue dimanche à Paris reviennent sur ces minutes de cauchemar.

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Elle est encore sous le choc. Juliette, 44 ans, fait partie des victimes de l'attaque au couteau et à la barre de fer perpétrée dimanche à Paris. Souffrant d'un traumatisme crânien, elle devra rester plusieurs jours sous surveillance. La quadragénaire se trouvait juste en face d'un cinéma situé rue de la Loire quand elle a entendu «un énorme bruit» derrière elle. «Et là j'ai vu un type avec une énorme barre de fer se diriger vers moi et me la mettre en pleine tête», raconte-t-elle au Parisien. À ce moment-là, Juliette était seule, son compagnon s'étant absenté pour acheter des cigarettes.

«Là, je me suis écroulée au sol, j'ai eu du sang sur ma main. J'ai vu qu'il continuait avec sa barre de fer et qu'il revenait vers moi. Je me suis levée, je suis allée me planquer derrière le MK2 (le cinéma, NDLR)», témoigne la Française. Pouiti, un jeune homme de 26 ans qui se trouvait avec son amie devant le cinéma, a vu Juliette se faire agresser. «Il s'est ensuite dirigé vers nous. J'ai essayé de le tenir à distance mais il tentait de balancer des coups de barre», raconte-t-il au quotidien parisien.

«J'avais peur de mourir»

L'agresseur s'est alors mis à courser d'autres passants, Pouiti le suivant à distance. «Le type avait les yeux exorbités comme s'il était en transe. Pendant l'attaque, il est resté totalement silencieux. Il n'a pas décroché un mot», se souvient-il. Le jeune homme a été blessé par un coup de barre, mais pense avoir échappé au pire: «Il a sorti un couteau de 30 cm. Le type voulait me planter.» En tentant de pourchasser l'individu, Pouiti a vu un quinquagénaire se faire poignarder dans le dos et un jeune homme inanimé au sol. L'agresseur «était suivi par des passants qui criaient pour donner l'alerte. C'était la panique totale!», explique-t-il.

Dans la confusion générale, Juliette s'est rendu compte qu'elle avait le crâne ouvert mais a su garder son calme. Elle décrit une scène effrayante: «Les autres victimes n'ont pas été attaquées à la barre de fer, elles étaient ouvertes au ventre. J'ai cru qu'il y avait des morts, il y avait un mec ouvert par un coup de couteau.» Une fois à l'hôpital, Juliette a été prise d'un bref de moment panique: «J'avais peur de mourir à l'hôpital», raconte-t-elle.

«J'ai réussi à lui faire lâcher son arme»

Smaïn, un Algérien qui buvait un verre au café du cinéma, fait partie des passants qui ont neutralisé l'assaillant. Il a d'abord vu un groupe de jeunes, alertés par les cris des passants, se mettre à lancer leurs boules de pétanque sur l'individu pour le faire fuir. C'est là que Smaïn est entré en scène: «Il s'est mis à courir, j'ai saisi ma chaise pour le frapper mais il est parti vers l'autre côté de la route», raconte-t-il. L'Algérien a alors rejoint «les jeunes aux boules» et ensemble, ils ont poursuivi le fuyard. Dans sa course, l'agresseur a poignardé deux Anglais qui n'avaient pas compris les cris d'avertissement des jeunes.

«C'est là qu'on est arrivés à plusieurs avec quatre autres personnes. On a réussi à l'encercler, moi avec un bâton, un autre avec une barre de fer, l'un d'entre nous l'a tapé», explique Smaïn, l'un des héros de cette tragique soirée. Il poursuit: «C'est à la suite de ces différents coups qu'il a perdu un peu l'équilibre, j'ai alors mis un coup sur la main qui tenait le couteau. Ça l'a perturbé. J'ai réussi à sauter sur lui, et à le mettre au sol. J'ai réussi à lui faire lâcher son arme, et une fois sur lui on l'a neutralisé», décrit l'Algérien.

Sept personnes ont été blessées dans l'attaque, dont quatre grièvement.

(L'essentiel/joc)