Avocat général

25 juin 2021 10:33; Act: 25.06.2021 14:49 Print

«Il ne faut pas réincarcérer Valérie Bacot»

Le Ministère public a requis vendredi cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, à l'encontre de Valérie Bacot pour l'assassinat de son mari violent et proxénète.

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Valérie Bacot a déjà effectué un an de détention provisoire. (photo: AFP/Jeff Pachoud)

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«Valérie Bacot ne pouvait pas prendre la vie de celui qui la terrorisait» mais il faut «fixer l'interdit sans réincarcérer», a déclaré l'avocat général Eric Jallet devant les assises de Saône-et-Loire, soulignant que ses quatre enfants avaient «besoin» de l'accusée.

L'avocat a ainsi requis cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, ce qui ferait sortir libre Valérie Bacot du tribunal considérant l'année qu'elle a déjà effectuée en détention provisoire pour l'assassinat de son mari d'octobre 2017 à octobre 2018. Valérie Bacot, souvent surnommée «la nouvelle Jacqueline Sauvage», a tué Daniel Polette le 13 mars 2016 d'une balle dans la nuque après plus de 24 ans de viols, de violences et de prostitution contrainte. Elle encourait la perpétuité.

Valérie Bacot s'effondre

À l'écoute des réquisitions, Mme Bacot s'est effondrée en larmes, perdant connaissance, visiblement épuisée. Les secours ont été dépêchés pour la soigner et elle semblait recouvrer ses esprits en milieu de matinée. «Une Cour d'assises, c'est l'affirmation des valeurs de la civilisation qui sont d'abord de protéger la vie. Une société qui se fait justice soi-même, c'est la guerre des uns contre les autres», a estimé l'avocat général. «Valérie Bacot est victime, très clairement mais c'est son procès, pas une tribune d'opinion», a-t-il ajouté.

Toutefois «un emprisonnement nouveau n'apportera pas plus d'élément à la protection: la dangerosité criminologique est très faible», a expliqué M. Jallet, estimant que «la peine doit accompagner plutôt que de retirer à nouveau».

Tout au long du procès, ouvert lundi, la défense a dépeint les «violences extrêmes subies pendant près de 25 ans» par Valérie Bacot et sa «peur de les voir se perpétuer à l'encontre de sa propre fille», Karline, qui avait 14 ans au moment des faits. Des experts psychiatre et psychologue ont de plus souligné que l'accusée n'avait aucune autre «échappatoire» que de «faire disparaître» son mari tant elle souffrait de son «emprise permanente» et de sa «surveillance» très serrée, ce qui l'empêchait d'aller porter plainte.

(L'essentiel/AFP)