Redoine Faïd

27 octobre 2019 12:35; Act: 28.10.2019 14:51 Print

«Ils regardent à plusieurs mes parties intimes»

Le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd, détenu dans l'une des prisons les plus sécurisées de France, raconte son quotidien «morbide» à l'isolement, auprès du «Journal du dimanche».

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Redoine Faïd a été arrêté en octobre 2018, après une spectaculaire évasion et trois mois de cavale. (photo: AFP)

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«On est emmuré vivant»: le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd, détenu dans l'une des prisons les plus sécurisées de France, depuis son arrestation en octobre 2018, après une spectaculaire évasion et trois mois de cavale, raconte son quotidien «morbide» à l'isolement, auprès du Journal du dimanche.

L'hebdomadaire explique avoir rencontré jeudi Redoine Faïd, 47 ans, l'un des détenus les plus surveillés de France, au parloir de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), derrière une «vitre de plexiglas». Son avocate, Yasmina Belmokhtar, a confirmé à l'AFP «qu'il a rencontré une journaliste du JDD au parloir». Elle a également confirmé qu'elle saisira prochainement le tribunal administratif de Lille pour contester ses conditions de détention. Redoine Faïd, qui s'était évadé en hélicoptère de la prison de Réau (Seine-et-Marne) en juillet 2018, avait été arrêté trois mois plus tard dans l'Oise et incarcéré à l'isolement dans ce centre pénitentiaire aux allures de forteresse, ouvert en 2015.

«On est emmuré vivant»

À l'isolement, «on est emmuré vivant», décrit le braqueur au JDD. «On ne voit personne. On ne touche personne, au sens propre et au figuré. C'est l'exclusion totale: une vie de paria, de rebut de la société», «il n'y a aucune activité, pas de travail ni d'atelier informatique», «on survit hors du temps». Se défendant d'être une «victime», il affirme que «certains» surveillants «refusent les promenades ou le sport» quand d'autres le «mettent excessivement à poil» pour le fouiller même s'il «ne croise personne», et «regardent à plusieurs (ses) parties intimes». Il décrit aussi les «menottes à chaque déplacement».

«C'est un enfermement mortuaire et morbide. Toute la barbarie pénitentiaire est concentrée dans cette structure carcérale hyper criminogène. C'est fait pour écraser ton âme», commente le caïd. Avant son évasion en hélicoptère, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage le pilote, il s'était déjà évadé en 2013 de la prison de Lille-Sequedin, en prenant quatre surveillants en otage. Il s'«impose une discipline en acier», «regarde Franceinfo», dit avoir reçu «moins de dix visites» de sa famille en un an. «En arrivant ici, j'ai passé quatre-vingts jours de mitard, à ma demande. La vraie liberté est de choisir qui tu veux être. Ils tapent sur moi parce que j'ai repris ma liberté», assure-t-il.

«Je n'ai pas de problèmes avec la société, la police ou la justice», assure encore le médiatique braqueur qui, en 2010, n'hésitait pas à se présenter comme repenti en faisant la promotion de son livre à la télévision. Redoine Faïd, condamné à 25 ans de réclusion pour son rôle d'«organisateur» dans un braquage raté en 2010 qui avait coûté la vie à une policière municipale, doit être rejugé en 2020 pour le braquage d'un fourgon blindé. Il risque très gros pour son évasion de Réau. «Ils peuvent me mettre un siècle s'ils veulent, je l'accepte. Parce que j'assume ce que je fais (...). Je ne changerai jamais», conclut-il.

(L'essentiel/afp)