«Que faites-vous du pognon ?»

14 novembre 2019 07:48; Act: 14.11.2019 10:24 Print

Jacline Mouraud songe à 2022, un an après sa vidéo

Avec sa vidéo vue six millions de fois, Jacline Mouraud était devenue il y a un an l'égérie des «gilets jaunes». Elle envisage aujourd'hui une candidature à l’Élysée.

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«Mais qu'est-ce que vous faites du pognon?». Vue six millions de fois, sa vidéo a changé sa vie, à l'orée du mouvement des «gilets jaunes». Brocardée par ses anciens camarades, Jacline Mouraud envisage aujourd'hui une candidature à l’Élysée en 2022. Tout est parti le jeudi 18 octobre 2018, d'une interview de l'ancien ministre de la Transition écologique, François de Rugy. «Il annonçait qu'on allait avoir des péages à l'entrée des grandes villes. Je me suis dit: c'est pas possible, ils ne se rendent pas compte de l'état de nos finances», se souvient la Bretonne, fille d'un maçon et d'une crêpière.

À l'époque, Jacline Mouraud faisait essentiellement «des vidéos comiques» pour «donner un rayon de soleil» à ses amis. Mais cette fois, c'est différent: elle en «a marre». «J'ai fait ma petite liste de tout ce qu'on subissait en tant que conducteur et j'ai fait mon coup de gueule», dit-elle. La quinquagénaire, qui gagne sa vie en jouant de l'accordéon dans des thés dansants, prend alors son smartphone et réalise «en une seule prise» la vidéo, dans laquelle elle interpelle «Monsieur Macron» et dénonce «la traque aux conducteurs». Péages, «chasse» aux véhicules diesel, radars, prix du carburant, contraventions: tout y passe. Avec un refrain: «Mais qu'est-ce que vous faites du pognon des Français?!».

«Plus ils me menacent, plus je suis motivée»

«Y a un moment, quand on est excédé, il faut que ça sorte. Quand ça a été dit, j'ai été soulagée. J'ai mis ça sur mon Facebook et puis, après, je n'y ai plus pensé», raconte-t-elle. Mais très vite, la vidéo devient virale et les témoignages affluent. Invitée à débattre à la télé avec des députés, Jacline Mouraud reçoit peu après une réponse filmée de la secrétaire d’État à l’Écologie, Emmanuelle Wargon. «Toute ma vie a changé», dit cette mère de trois enfants adultes. Devenue l'une des porte-parole du mouvement naissant des «gilets jaunes», elle appelle, dès les premières violences à Paris, à une «sortie de crise» et est reçue à Matignon, ce qui lui vaut des menaces de mort de la part des plus radicaux.

Mais «plus ils me menacent, plus je suis motivée», assure-t-elle. «Passionnée» par la politique, elle lance en janvier un micro-parti, Les Émergents, mis «entre parenthèses» quelques mois plus tard, après le départ de plusieurs membres du bureau qui dénoncent son «culte de la personnalité». «Je les remercie d'être partis. De toute façon, ils m'auraient trahie un jour ou l'autre», affirme-t-elle.

«Candidate du terroir»

Ces péripéties ne l'empêchent pas de songer à la présidentielle de 2022. «Je veux prouver aux gens qu'on peut partir de la forêt de Brocéliande et aller le plus haut possible», dit-elle, en s'imaginant déjà la «candidate des territoires et du terroir» si elle obtient les 500 parrainages de maires. Se disant «gaulliste», la quinquagénaire reste inclassable et prend parfois des accents à la Pierre Rabhi (un des pionniers de l'agroécologie) quand elle assure qu'«il faut consommer le moins possible pour être heureux» ou que «plus on a de biens, plus on est aliénés». «Mais je ne suis pas décroissante», assure-t-elle.

Hypnothérapeute, elle a dû arrêter ses séances à domicile, de peur de tomber sur un «nid de "gilets jaunes"» hostiles. Et dit ne vivre qu'avec quelques centaines d'euros par mois après avoir vendu son SUV pour acheter une berline. Jacline Mouraud a rejoint le Comité Bastille, un groupe de réflexion qui propose une vaste réforme fiscale, comme la suppression de tout impôt sur le revenu et l'instauration d'un impôt sur le patrimoine passif. Une réforme «qui réglera tous les problèmes de la France», assure-t-elle. «Pourquoi il y a des problèmes en France? Parce qu'on ne prend pas assez aux plus riches qui ont des niches fiscales partout. Nous les plus pauvres, on ne peut pas négocier notre impôt».

(L'essentiel/afp)

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