En France

06 juin 2021 11:06; Act: 06.06.2021 16:11 Print

Jacques Rançon jugé pour un «cold case»

Déjà condamné à perpétuité pour deux autres meurtres violents, Jacques Rançon est soupçonné d’avoir violé et tué Isabelle Mesnage en 1986.

storybild

Jacques Rançon a d’abord avoué le viol et le meurtre d’Isabelle Mesnage avant de se rétracter. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Le «tueur de la gare de Perpignan» était-il d’abord un tueur de la Somme ? Condamné à la réclusion à perpétuité pour les viols et meurtres de deux femmes, Jacques Rançon comparaît à partir de mardi à Amiens pour ceux d’Isabelle Mesnage, un «cold case» de 35 ans. L’ancien cariste-magasinier de 61 ans sera jugé pour le viol et le meurtre de cette jeune femme de 20 ans, dont le corps avait été retrouvé le 3 juillet 1986 en lisière d’un bois à Cachy, près d’Amiens.

«Cela a vraiment un sens pour les familles d’avoir une réponse, de savoir qui l’a fait, pourquoi. C’est la justice rendue pour leur fille, même si (Jacques Rançon) est évidemment moins dangereux pour la société» étant déjà condamné, relève Corinne Herrmann, l’avocate des parties civiles, parmi lesquelles les parents âgés de la jeune informaticienne.

C’est grâce à la ténacité de cette avocate et de son confrère Didier Seban que le dossier sera jugé aux assises de la Somme, alors que l’enquête avait abouti à un non-lieu en 1992. En 2017, ces spécialistes des affaires non élucidées demandent la réouverture des investigations, au vu des similitudes avec les meurtres à Perpignan de Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, dont les corps avaient subi d’importantes mutilations, notamment des organes génitaux.

Aveux et rétractation

Ces meurtres remontaient à 1997 et 1998 mais le lien avec Jacques Rançon n’a été établi qu’en 2014, grâce à son ADN identifié sur une chaussure de Moktaria. Pour ces deux affaires, Jacques Rançon est condamné en 2018 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Suivant l’intuition des avocats, le parquet rouvre l’information judiciaire dans le dossier Mesnage.

«Tout est allé très vite», souligne Me Herrmann, saluant l’efficacité des enquêteurs et magistrats. Le corps est exhumé, les lésions comparées à celles des autres victimes, un travail compliqué par l’état de décomposition avancé dans lequel il a été retrouvé. Placé en garde à vue à Béziers, où il purge sa peine, Jacques Rançon finit par avouer le meurtre à la septième audition. Il répète ses aveux devant le juge d’instruction... avant de se rétracter dans un courrier, disant avoir subi des pressions des enquêteurs.

Corinne Herrmann, qui voit en lui «la caricature d’un «tueur en série», qui signe ses actes avec des procédés précis», assure avoir été «bluffée» par les ressemblances entre les photos des corps de Moktaria Chaïb et d’Isabelle Mesnage. Outre le mode opératoire, la géographie semble également désigner ce Picard, qui a grandi à quelques kilomètres de Cachy.

«Coupable idéal» ?

A 16 ans, il commet sa première agression sexuelle – pour laquelle il n’a jamais été poursuivi – dans cette zone. Puis, en 1992, il y viole une femme sous la menace d’un couteau, ce qui lui vaut une condamnation à huit ans de réclusion.

Lors de son procès à Perpignan, il lui a aussi été reproché d’avoir tenté de violer une troisième femme et d’en avoir laissé une quatrième pour morte. Son casier judiciaire comporte d’autres condamnations pour des agressions de femmes et des menaces de mort et violences sur conjoint. En 1986, l’homme, qui travaille comme monteur de bals mobiles, est en couple mais disparait souvent de longues heures la nuit, selon sa compagne de l’époque. Pour son avocat, Xavier Capelet, «la personnalité de Jacques Rançon rendra compliqué pour des jurés de prononcer un acquittement», mais «accusation et partie civile sont peut-être allées un peu vite en besogne».

«Notre rôle va être d’essayer de remettre les choses au carré et de dire ce qu’il y a ou n’y a pas dans ce dossier», insiste-t-il, décrivant un Rançon «combatif», qui «veut se défendre», à l’inverse du procès de Perpignan qu’il abordait «très abattu». Alors que l’avocat déplore que son client fasse office de «coupable idéal pour beaucoup de faits», Me Herrmann insiste sur la nécessité de «vérifier tous les dossiers de la région», où plusieurs meurtres de femmes restent non élucidés: «peut-être que c’est son premier crime, peut-être pas», souffle-t-elle.

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.